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Tunisie: le reportage d’« envoyé spécial » fait controverse.

Par Pierre Bertet / Publié le 28.01.2013
L’émission, diffusée le 17 janvier a provoqué une vive polémique en Tunisie, la page Facebook relative au reportage ayant été couverte de commentaires, irrités par les conséquences qu’une telle enquête aura pour l’image de la Tunisie.

L’émission présente entre autre une personnalité religieuse saoudienne, invitée d’un rassemblement public salafiste sur la place principale de la touristique ville d’Hammamet. Des jeunes hommes brandissent un drapeau noir au cœur même du rassemblement, celui symbole du Djihad et de la guerre sainte, se réclamant d’Oussama Ben Laden. Ces passages du reportage ayant provoqués une vague d’indignation de la part des autorités Tunisiennes. La journaliste Guilaine Chenu s’en défend, assurant que sa « démarche est purement journalistique », soulignant que depuis la chute de Ben Ali, la Tunisie a été le théâtre de cinq reportages, dont un traitant du tourisme.

Les autorités tunisiennes interviennent


Mécontentes, les autorités tunisiennes affirment que l’émission accroît la menace salafiste. Le directeur général de l’Office national du tourisme tunisien à Tunis ainsi que les présidents de la Fédération tunisienne des agences de voyage et de tourisme (FTAV) et de la Fédération de l’hôtellerie (FTH) sont venus expressément à Paris de manière à montrer la situation « telle qu’elle est réellement en Tunisie », a ajouté Amel Zarouk, l’adjointe du directeur de l’office. « Nous avons été très étonnés par ce reportage, car il n’y a pas de grosse communauté de salafistes en Tunisie, contrairement à ce que ce reportage laisse entendre », précise-t-elle.

Lors d’une interview au « Nouvel Observateur », l’ambassadeur de Tunisie Adel Fekih a tenu à mettre les choses au clair, soulignant que cette émission « est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase » et que les Tunisiens se sentent « blessés par ce reportage très orienté et particulièrement négatif pour l’image de la Tunisie ». L’ambassadeur ne conteste pas les faits du reportage, affirmant que « le pays est en pleine mutation » et que la constitution abrogera toutes craintes. Il témoigne de la longueur du processus, chaque courant politique religieux ayant son mot à dire. « C’est pour cette raison que prendre un seul avis, une seule communauté, c’est, de fait, porter atteinte à toutes les autres » s’indigne t’il. « Voilà pourquoi les Tunisiens ne sont pas reconnus dans ce reportage ».

Adel Fekih distingue trois types de salafistes : les spirituels, ultras mais non-violents appelés IImani, les salafistes Djihadistes et enfin une nouvelle forme apparue depuis peu, très communautaire et s’organisant en bande pour contrôler les commerces du quartier.

En ce qui concerne le tourisme, l’ambassadeur indique « qu’il y a eu six millions de touristes en Tunisie et que personne n’a été touché par quoi que ce soit ». « Nous avons le sourire, mais aussi le cœur, car maintenant les individus peuvent parler sans crainte », ajoutant que « si certains, en parlant plus fort sont médiatiquement plus écoutés, cela ne fait pas d’eux des porte-parole de tout un peuple. C’est en cela que l’émission nous a porté atteinte. »

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