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Tahiti, au soleil des coraux

Par Benoit Helme / Publié le 06.02.2016
Logée dans le Sud de l'Océan Pacifique, l'île rayonne si bien qu'on se croirait dans un rêve. Le soleil, le lagon, les plages, les montagnes...Une île idéale pour les Robinsons d'un jour ou pour un beau voyage en famille.

Bora-Bora et son mont Otemanu (Photo: Michael Stout via Flickr)
Bora-Bora et son mont Otemanu (Photo: Michael Stout via Flickr)

Elle a toujours été dans le vent. En été, en automne, en hiver, au printemps. Tahiti fait depuis longtemps déjà partie de l'ensemble des îles du Vent, mais aussi de l'archipel de la Société. Une société solaire, autonome, joliment insulaire, qui peuple par son souffle de vie intense, cette île magnifique de la Polynésie française, située dans le sud de l'Océan Pacifique. Tahiti est aussi partie de ces lieux magnifiques où la lumière n'a pas de mesure. Magnifique? Un euphémisme, à bien y regarder. L'eau de cette île est tellement fluide, et ses paysages tellement beaux, que le souvenir qu'on en gardera sera comme un rêve inouï; Tahiti la grande, la belle, au soleil des vivants, avec Papeete pour capitale. Mieux qu'un carte postale, un tableau féérique.

Ce n'est pas un hasard si Tahiti a beaucoup inspiré le génial peintre français post-impressioniste, Paul Gauguin. Petite histoire, en rappel. En 1891, alors qu'il est ruiné, le peintre quitte le 14e arrondissement de Paris pour s'embarquer vers la Polynésie - grâce à une vente de ses œuvres. Il s'installe alors à Tahiti où il espère fuir la civilisation occidentale et tout ce qu'elle suppose de codes artificiels et conventionnels. Soleil et bleu de mer et coraux en prime, on le comprend bien.

Les toiles de Gauguin sont aujourd'hui comme des fenêtres intemporelles ouvertes sur la beauté de Tahiti - autant de zooms ou de grands angles gracieux sur les plages ou les montagnes de l'ile; lagon merveilleux, tahitiennes tahitiens, siestes voluptueuses sous les palmiers, angles de vue étonnants, vibration de la vie solaire. Gauguin avec son pinceau nous parle de cela comme personne. Googlez Gaugin avant de partir à Tahiti, vous ne serez pas déçus...

Tahiti a d'ailleurs inspiré d'autres artistes, dont Michel Jonasz, évoquant la fin d'une histoire d'amour dans une de ses chansons, avec un joli clin d'œil à Tahiti: "On voulait faire des galipettes, et plouf dans l'eau des Antilles, beau sombrero pour moi, pour toi mantille, manger des papayes à Papeete...". Manger des papayes à Papeete alors, puis s'allonger dans un hamac au filet blanc, regarder une fois, deux fois, trois fois, comme à l'éternité, la fluidité bleutée de l'eau et, par la sieste, décoller vers les cieux.

Ici, le bleu du ciel se confond avec celui de la mer. Le rayonnement solaire de Tahiti est intense comme le serait un feu de joie au cœur du quotidien. Ici, on aime le soleil, la légèreté de l'étoile et de l'étincelle, et les voiliers sous le vent. Les débuts d'une histoire insulaire sont étonnants parfois.

Utilisant des pirogues doubles à voile, construites en bois et fibres tressées, des navigateurs intrépides, grâce à leur connaissance des vents, des courants et des étoiles, voyagèrent vers l’Est, en colonisant certaines îles du Pacifique entre 500 av. J.-C. et 500 ap. J.-C. Ces expéditions grandioses - achevées vers 1000 après J.-C. - donnèrent alors naissance au “Triangle polynésien” composé de Hawaï (au nord), de l’île de Pâques (à l’est) et de Tahiti (à l’ouest).

Les différentes langues parlées dans ces îles sont issues du proto polynésien, et témoignent de l’origine commune de leurs habitants. Ce voyage des pionniers, à travers plusieurs centaines de kilomètres de haute mer, a été rendu possible grâce à des pirogues - à voile et balancier - pouvant atteindre plusieurs dizaines de mètres de long, et en mesure de transporter des familles entières, des plantes ou encore des animaux domestiques. Le Nouveau monde était devant.

Et puis comme d'habitude, ou bien souvent, de grands navigateurs Européens arrivèrent à Tahiti. A une époque où l'on regardait encore les bateaux arriver de la plage pour être bien sûr de vivre au calme. Au XVIe siècle, ce sont Fernand de Magellan , grand explorateur portugais à une époque ou l'Espagne et le Portugal se partageaient le monde, puis Alvaro de Mendana - autre grand explorateur du genre, espagnol celui-là - qui atteignirent respectivement l’archipel des Tuamotu et des Marquises. Mais c’est bien à l’Anglais Samuel Wallis que l'on doit la découverte européenne de Tahiti - en 1767.

L’année suivante, c'est le Français Louis-Antoine de Bougainville qui baptisera cette île "La Nouvelle-Cythère", soit une île de plaisirs et bien logée dans les mers du Sud. Bon nombre de Français sont d'ailleurs partis s'installer dans l'île, par voiles interposées, dans la seconde moitié du dix-neuvième siècle. Que les choses soient claires: Tahiti était alors un petit Paradis. Il est encore un petit paradis.

Tahiti évoque même, parfois, un passage du roman SPIN (de Robert Charles Wilson): "Je me suis retrouvé dans un fossé de drainage, baignant jusqu'à mi-cuisse dans une eau verte comme des feuilles de papaye et chaude comme la nuit tropicale", écrit l'auteur de science-fiction. A ce détail prêt que les Tahitiennes et les Tahitiens sont des personnes au cœur généreux qui ne laisseraient personne au creux d'un fossé. Solidarité insulaire, sans doute. L'Amour et l'hospitalité sont bien deux valeurs privilégiées par les Tahitiens, tout comme le sens de l'honneur. La beauté du métissage aussi. Le 19 décembre dernier, au Zénith de Lille, Vaimiti Teiefitu - jolie comme une étoile - participait au concours de beauté de Miss France 2016. Les Tahitiens sont de grands amateurs de beautés solaires et singulières. Amoureux de l'Océan Pacifique aussi, tandis que les mouvements de cet Océan et de ses secrets, résonnent à nos oreilles comme une douce mélodie.

Les 1042 km2 de l'ile assurent un dépaysement bluffant et d'autant plus agréable qu'il est amplifié par un climat tropical. On peut ainsi partir à Tahiti à n'importe quel moment de l'année, l'île polynésienne bénéficiant d'un ensoleillement maximum atteignant près de 3000 heures de soleil par an. Vous pouvez donc planifier votre voyage selon vos centres d'intérêt et les temps forts du calendrier polynésien: plongée sous-marine, saison des baleines, randonnées, évènement culturels, fêtes de fin d'année, jaillissement de fruits tropicaux...

Connaissez-vous par exemple les aquascopes? Les aqua-quoi? A Moorea et Bora Bora, les bateaux à fond de verre et leur aquascope - salle panoramiques située sous le pont du bateau - permettent de découvrir les profondeurs des lagons. Opportunité aussi, pour photographier la splendeur de paysages aquatiques. On pourra également s'embarquer dans "mini-sous-marins" pour descendre jusqu’à 50 mètres de profondeur et observer ainsi les fonds sous-marins en détail - et au sec.

Vous pourrez également plonger avec un casque ou un scaphandre, à 3 ou 4 mètres de profondeur - et là aussi, c'est bien joli. Aucun niveau de plongée sous-marine n'est requis pour cette plongée qui se pratique à l'aide d'un casque ou d'un scaphandre relié à la surface de l'eau. Accompagné par un moniteur diplômé, vous pourrez ainsi explorer en toute sécurité de somptueux fond marins à votre rythme, avec vue imprenable sur les coraux.

On pourra même enfourcher, à Bora Bora, un scooter sous-marin. Sorte de véhicule à la 007 qui avance sous l'eau grâce à un moteur électrique, à quelque trois mètres de profondeur, accueillant deux passagers libres d'échanger leurs émotions sous une coupole commune. Pour les amateurs de sensations aériennes, à Bora Bora ou Moorea, il est également possible de faire du parachute ascensionnel, seul ou en duo, tracté par un bateau donc, et perché entre 200 et 300 mètres d'altitude pour embrasser d'un regard inoubliable, le lagon, le grand large et le littoral. Rappelons qu'un lagon est une étendue d'eau marine séparée du large par un récif corallien. De quoi faire de beaux rêves en plein jour.

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