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Sigmar Polke s’expose au musée de Grenoble

Par Stéphane Pocidalo / Publié le 13.01.2014
Le peintre allemand Sigmar Polke a marqué le XXème siècle grâce à ses nombreuses explorations artistiques et ses recherches de couleurs. Surnommé « L’Alchimiste », il a fondé le « Réalisme Capitaliste », une réponse germanique au Pop Art américain. Décédé en 2010, le musée de Grenoble lui rend hommage en rassemblant près de 70 tableaux et une cinquantaine d'œuvres sur papier. Une magnifique exposition à découvrir jusqu’au 2 février 2014.

Le musée de Grenoble (Photo: Milky via Wikimedia)
Le musée de Grenoble (Photo: Milky via Wikimedia)

Guy Tosatto peut être fier de lui. L’actuel directeur du musée de Grenoble a réussi à organiser cette exposition douze ans après le dernier événement dédié à l’artiste Sigmar Polke. C’était au château de Vizille (Isère), le musée de la Révolution française. En attendant une fastueuse rétrospective du peintre au Museum of Modern Art de New-York dans l’année 2014, les amateurs d’art peuvent profiter de cette belle exposition grenobloise qui fait la part belle aux trente dernières années de Polke.

Un artiste mondialement connu… et méconnu en France

« L’Alchimiste », le surnom de Sigmar Polke (1941-2010), a marqué la deuxième partie du siècle passé grâce à son approche intuitive de la peinture et ses recherches constantes des matériaux inédits et des couleurs. L'humour a également toute sa place dans son œuvre. Paradoxalement, le peintre n’a, de son vivant, pas connu le même retentissement en France que dans le reste du monde.

Né en 1941 à Oels, en Silésie (Allemagne, aujourd'hui en Pologne), Polke a grandi en Allemagne de l'Est avant de passer à l'Ouest en 1953. Après avoir reçu une formation auprès d'un maître-verrier, il suit au début des années 1960 les cours de l'Académie des Beaux-Arts de Düsseldorf, dominée alors par la personnalité charismatique de Joseph Beuys. C'est là qu'il rencontre Gerhard Richter et Konrad Lueg avec qui il fonde le « Réalisme Capitaliste » en 1963, courant qui se veut une réponse germanique au Pop Art américain. La première exposition personnelle de l’artiste a lieu en 1966 à la galerie René Block à Berlin puis à la galerie Schmela à Düsseldorf. En France, il faut attendre… 1988 avant d’admirer les œuvres de l’artiste au musée d'art moderne de la Ville de Paris.

L’exposition

Les visiteurs du musée de Grenoble peuvent découvrir cette exposition à travers un parcours réalisé chronologiquement. Dans les années 80, par exemple, les tableaux de l’artiste (Homme noir et Les Ciseaux en 1982 ou Hallucinogène en 1983) illustrent à merveille sa recherche des matériaux délaissés ou toxiques, et son intérêt pour les phénomènes paranormaux et les sciences occultes. Sa passion pour l’Histoire, et le Révolution Française notamment (Jeux d'enfants ou La Famille royale en 1988), montre une autre facette de l’auteur, porté par les gravures anciennes associées aux supports les plus divers.

On peut également citer le travail des images de « l’Alchimiste ». Dans les années 2000, Polke multiplie les coupures de journaux, magazines et livres afin de les intégrer à ses compositions en utilisant le procédé de la trame photographique qu'il grossit, déforme, stylise et réinterprète. Ce procédé permet de révéler l’omnipotence des images au sein de notre société.

Enfin, l’exposition se termine sur une Laterna Magica de 1992, composée de 6 tableaux peints recto-verso et inspirés de gravures anciennes illustrant un conte : l'Histoire du chien. Cette pièce symbolise à merveille l’incroyable profondeur de son œuvre qui a toujours conservé un maître-mot : la liberté.

Musée de Grenoble : 5, place Lavalette, 38000 Grenoble. Téléphone : 04 76 63 44 44. Exposition de Sigmar Polke jusqu’au 2 février 2014.

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