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Monténégro : balades au Parc national de Durmitor

Par Florent Mechain / Publié le 10.06.2014
Ce discret pays des Balkans, presque cinquante fois plus petit que la France, borde la mer Adriatique et fait face à l’Italie. Mais, côté terre, il est adossé aux Alpes dinariques, d’où il tire son nom de « Montagne noire ». Dans ces hauteurs est dissimulé un joyau : le mystérieux Parc national de Durmitor.

Crno jezero, le lac noir. (Photo: Expectmohr via Flickr)
Crno jezero, le lac noir. (Photo: Expectmohr via Flickr)

La Bosnie-Herzégovine est toute proche, la Serbie, pas très loin. Nous voilà ici dans l’une des dernières régions véritablement sauvages d’Europe. Le genre d’endroit dont on ne sait pas très bien à quoi il peut ressembler, ce qu’il peut abriter. L’Unesco, elle, l’a découvert et a listé la zone au Patrimoine mondial dès 1980. Un gage de qualité pour ces 321 kilomètres carrés du nord-ouest du Monténégro, aux reliefs et aux paysages d’une diversité étonnante.


Contemplation et sensations, au bord de l’eau

Dans sa partie la plus basse, le Parc national de Durmitor est entrecoupé de cours d’eau. La Piva, quelque peu en dehors des limites officielles du parc, s’écoule dans de superbes gorges jusqu’à Scepan Polje, à la frontière bosniaque. C’est ici que vient la rejoindre la fameuse Tara, principale rivière du Durmitor. Ses flots translucides se glissent entre les hautes collines tapissées de forêt. Le bleu turquoise tranche avec le vert pur, l’onde semble irréelle tant elle se détache de son écrin végétal. Peu de routes, peu de passage, peu de villages… le cadre est imprégné d’une atmosphère envoûtante qui fait se sentir béat, en harmonie avec la nature et ses beautés. Pour jauger l’ampleur de celles-ci, le site idoine est sans conteste le pont Tara, près de Durdevica. Bâti sur cinq majestueuses arches, il offre une vision étourdissante de la vallée et de ses berges, qui disparaissent à l’horizon derrière des coteaux verdoyants. La construction s’élève à 170 mètres au-dessus de la rivière. Suffisamment pour procurer un enivrant vertige… mais bien peu au regard de la profondeur maximale du canyon Tara : 1 300 mètres ! Des dimensions colossales qui font de lui le plus imposant en Europe et le deuxième dans le monde, juste après le Grand Canyon !

Un environnement grandiose dont on peut également se régaler tout en bas, à ras d’eau. La Tara est particulièrement prisée et propice aux descentes en rafting. Accessible à tous, gentiment mouvementé, le parcours peut durer entre une demi-journée et deux jours. Dans chacun des cas, la balade permet de s’immerger dans un milieu intact, préservé. Une aventure aquatique ponctuée de pauses près de cascades, d’entrevues animales impromptues et d’éclats de rire contagieux.


La tête dans les nuages montagnards

Changement d’univers et d’altitude : rendez-vous à Zabljak, l’épicentre du Parc national de Durmitor. Perchée à 1 450 mètres, la petite station compte à peine plus d’habitants, mais représente néanmoins une porte d’accès incontournable. De chaque côté de la ville : lacs glaciaires, pics enneigés, décors alpins en tout genre. Le plus célèbre des dix-huits lacs du parc, le Crno jezero, se situe à une courte marche de Zabljak. On peut aisément faire le tour de ce « Lac noir » – qui expose en réalité une eau vert émeraude – et ainsi dénicher le parfait coin pour pique-niquer en dégustant le panorama. Ici, dans un havre creusé au cœur de la forêt dense, des vallons s’échappent vers les cimes et joignent les monts alentour. Gardiens bienveillants de cette région bucolique, ils sont presque cinquante à dépasser les 2 000 mètres. Le Bobotov Kuk (le plus élevé, 2 523 mètres) ou encore le Savin Kuk attirent notamment les adeptes de ski. Les randonneurs ne sont pas en reste puisque l’ascension des sommets amène à des lieux mémorables : de l’air pur à foison, des points de vue à 360° sur le massif du Durmitor et un silence que seules troublent les clarines de vaches impassibles.


Des rencontres authentiques et fascinantes

Les bovins sont loin d’être la seule espèce à constituer la faune du parc. Quelques chamois sautillent encore dans les hauteurs, tandis que des aigles royaux planent dans le ciel azur, en quête d’une proie. Les papillons virevoltent en nombre : le Durmitor concentrerait même la plus importante diversité d’Europe. Quant aux loups et aux ours, ils se font discrets, dans les bois ; un face-à-face s’avère peu probable…

Les rencontres avec les Monténégrins sont évidemment plus fréquentes. Et plus chaleureuses… Un verre de sljivovica (une eau-de-vie de prune) est inévitablement offert à l’arrivée chez tout nouvel hôte. La boisson se révèle suffisamment corsée pour partager rapidement le sourire des locaux, qui n’en sont absolument pas avares. Particulièrement les habitants de ces montagnes, qui affectionnent les plaisanteries et les bons mots : en découlent des instants à l’ambiance joviale, orchestrée par cette charmante humeur, donc, mais également par la gastronomie qui accompagne les festivités. Au menu des agapes, citons en pagaille le prsut (jambon fumé), le sir (fromage au lait de brebis) – les deux aliments à la base des plats nationaux – et les cevapcici (roulés de viande grillée).
Dégustation(s) et badinages, le tout avec le poétique Parc national de Durmitor en toile de fond : voici de remarquables souvenirs à rapporter, et une façon idéale de savoir, enfin, à quoi cette mystérieuse région ressemble.

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