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Najac, balade au cœur d’un des plus beaux villages de France

Par Timothée Demeillers / Publié le 13.07.2015
Entre montagne et nature aveyronnaise, se trouve l’un des plus beaux villages de France. Gros plan sur Najac et sa forteresse millénaire.

Najac, Aveyron (Photo: Caroline Léna Becker via Flickr)
Najac, Aveyron (Photo: Caroline Léna Becker via Flickr)
Au cœur d’une des régions les plus sauvages de France, dans l’un des départements les moins peuplés et les plus verdoyants du pays, se trouve une petite perle, nichée dans son écrin de verdure : Najac. Il vous faudra pour l’atteindre longtemps serpenter sur les étroites routes qui s’élèvent et plongent docilement à travers les contours vallonnés du paysage, à travers le panorama infini de pâturages encaissés, dans ces hauts plateaux herbeux qui siéent si bien à cette région de l’Aveyron. Quand soudain, après un énième coude de la départementale, alors que les bords de bitume se parent élégamment de petites maisons en pierre, l’on entre enfin à Najac, l’un des plus beaux villages de France, qui accueille le visiteur avec son vertigineux château-fort, comme perché miraculeusement au sommet d’un piton rocheux.

Une histoire de conquêtes

Un peu d’histoire. Najac prend naissance au XIe siècle, sous le joug protecteur de son château-fort. Pourtant, son réel développement advient deux siècles plus tard, lorsque la ville passe sous le contrôle du comte de Toulouse qui, du fait de sa position stratégique, en fait le siège de la sénéchaussée du Rouergue - sorte de tribunal de l'époque. En 1271, la cité, comme tout le comté de Toulouse, est intégrée à la couronne de France. La ville connaît alors un essor considérable avec un développement urbain et structurel concomitant, coïncidant avec la présence du représentant royal dans la cité.

Les siècles suivants marquent une période de trouble pour Najac : peste noire, guerre de Cent Ans, guerres de religion et révolte, la ville n’est pas épargnée. Si ces crises conduisent à un net recul économique, elles traduisent cependant la position hautement stratégique de Najac, convoitée de toutes parts. Occupée par les Anglais au cours de la guerre de Cent Ans, Najac et ses citoyens se libèrent en massacrant, en 1368, les garnisons anglaises stationnées dans le château. Les habitants de la ville joueront un nouveau rôle primordial, deux siècles plus tard, en 1589, lorsqu’ils chasseront les Huguenots du château, fatigués par leur mauvaise gestion de la ville et les pillages à répétition.

Du déclin nait le tourisme

Le déclin intervient suite à la révolution française. Si le château-fort et la ville sont miraculeusement préservées, Najac voit cependant son influence chuter, malgré l’arrivée du chemin de fer. À partir de la fin du XIXe siècle, la ville, dont l’économie locale a été durement touchée par l’épidémie de phylloxera, voit sa population chuter inexorablement, attirée par les lumières de la ville. Ses charmes demeurent alors secrets, seulement partagés par les habitants de la région. Ce n’est qu’avec l’inscription de nombreux édifices à l’inventaire des monuments historiques, puis l’attribution du label d’un des plus beaux villages de France, que Najac renait de ses cendres et voit le tourisme redynamiser la ville.

Un château-fort imprenable

Alors que reste-t-il aujourd’hui à Najac de son passé glorieux ? Ce qui fait justement la beauté de Najac c’est la rencontre entre son importance historique et la topographie accidentée de la région. La beauté surréelle de ce château-fort, ces forteresses, ces églises, ces manoirs et maisons parfaitement conservées, qui semblent comme accrochées aux parois vertigineuses des coteaux verdoyants.

La visite du château-fort se révèle passionnante en ce qu’elle incarne parfaitement l’architecture médiévale défensive. Réputée forteresse imprenable, on comprend vite pourquoi, lorsque l’on arpente son chemin de ronde et que l'on se rend dans ses tours vertigineuses qui dévoilent un panorama à 360° sur la nature environnante. Comme posée sur un éperon rocheux, la forteresse dépasse largement les plus hautes échelles et offre des archères de presque 7 mètres de hauteur, réduisant à néant les efforts de conquête.

Le village quant à lui est tout aussi charmant, s’étendant tout de long sur une étroite arrête rocheuse, comme un étrange défilé de petites maisons médiévales, traversant la forêt environnante et dominant la rivière Aveyron en contrebas. L’histoire s’y lit à tous les coins de rue et raconte le millénaire de présence humaine, que l’on contemple une petite fontaine à première vue anonyme, la très cossue maison du sénéchal, les ruines de la porte de la Pique, une ancienne voie d’accès à la vieille ville ou encore la sublime église Saint-Jean dans le plus pur style gothique languedocien.

La gastronomie à la fête

Malgré sa taille très relative et l’impression que Najac peut se découvrir en une petite heure, flâner dans ses ruelles grossièrement pavées est un authentique plaisir. Une balade vous permettra également de vous familiariser avec sa richesse culturelle et gastronomique célébrée dans les nombreux commerces de bouche nichés dans les boutiques de la ville. Saucissons, fritons, boudins, spécialités de canards gras, fromages de chèvre, châtaignes sont tous inscrits au patrimoine culinaire local, sans oublier bien entendu la spécialité régionale, les fouaces, sortes de brioches parfumée, qui adoucissent un bon repas. Le tout arrosé d’un bon vin bien entendu, dont la production qui s’était arrêtée vient de redémarrer dans les coteaux en contrebas de Najac.

Enfin, que serait Najac sans ses fêtes et festivals populaires qui viennent rythmer l’année : festival médiéval de la ville au mois de mai, concerts au cours de la nuit des chiens bleus en août, ou encore gastronomie célébrée lors de la fête du diamant noir (la truffe), du salon du goût, ou encore et surtout, de la fête de la fouace, cette galette régionale, à la fin du mois d’août : une tradition médiévale, au cours de laquelle des fouaces gigantesques paradent dans le village avant d’être dégustées par les habitants !

Najac incarne aujourd’hui parfaitement le pont entre tradition et modernité, entre la magnifique ville médiévale accrochée à son piton rocheux, aux traditions culturelles et gastronomiques bien ancrées, et la ville moderne, touristique et dynamique, qui semble se projeter vers l’avenir et entame fièrement son second millénaire d’existence

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