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Le triangle de Choisy : une immersion dans la culture chinoise

Par Vanessa Carronnier / Publié le 22.05.2013
Peu de touristes ici. Pourtant, le triangle de Choisy est loin d’être un lieu ennuyant. Lors d’une promenade, on y découvre la vie locale, et la particularité de l’endroit ne tarde pas à sauter aux yeux. Boulangeries, supermarchés, restaurants : tout est asiatique. Bienvenue dans le plus grand quartier chinois de Paris.

Tang Frères. 48, avenue d'Ivry (Photo: Robyn Lee)
Tang Frères. 48, avenue d'Ivry (Photo: Robyn Lee)
Situé dans le sud du XIIIème arrondissement, aucune arche ne marque l’entrée de ce quartier. De fait, il n’a pas de délimitation réelle. Il occupe surtout le triangle formé par l’avenue de Choisy, celle d’Ivry et le boulevard Masséna.

Un quartier commercial

A l’image de la communauté qui y vit, l’endroit est tranquille, de jour comme de nuit. On note toutefois une certaine effervescence en fin d’après-midi, heure à laquelle les commerces sont pris d’assaut. Les queues se forment devant les boulangeries qui vendent des gâteaux au soja, au lotus et devant les boucheries dont les vitrines laissent voir des canards laqués bien en rang.

Il en est de même dans les supermarchés Tang Frères et Paristore, l’équivalent asiatique de Carrefour ou d’Auchan. Boissons au soja, nems et raviolis, fruits exotiques : tout y est. Parmi les produits les plus appréciés, on peut citer le durian. Cet énorme fruit à la coque dure et épineuse dégage une odeur aussi particulière que son goût. S’il soulève le cœur de nombreux Européens, les Asiatiques, eux, en sont friands.

Le commerce ne se concentre pas uniquement autour de la nourriture. Dans les galeries des Olympiades, bijouteries et magasins de décorations asiatiques se succèdent. On y trouve même des ateliers de coutures.

Les ventes s’envolent lors de fêtes traditionnelles. Surtout, lors du Nouvel An Chinois. Chaque famille prépare plusieurs repas traditionnels. C’est aussi l’occasion de porter des costumes typiques, qui s’achètent ou se louent dans les boutiques du quartier.

Avec 2000 participants et des milliers de spectateurs, il s’agit du plus grand défilé chinois de Paris. Le cortège avance en musique, souvent au rythme de percussions. Des « bonnes années ! », sont lancés à la foule, en mandarin et en français. Chacun essaye de toucher les dragons qui passent : selon la croyance, ce geste porterait bonheur.

Des origines variées


Ce quartier est dit chinois. Toutefois, ses habitants sont originaires de différents pays. Les vagues d’immigration asiatique massive ont commencé vers 1975. Elles concernaient des réfugiés d’Asie du Sud-Est, fuyant les guerres au Vietnam, au Laos et au Cambodge. Ces populations, qui ont conservé leurs dialectes, étaient souvent natives du sud de la Chine.

Outre leurs langues, ces communautés font aussi vivre leur religion. Une pagode bouddhiste, gérée par l’Amicale de Teochew, se situe sur la dalle des Olympiades. A l’intérieur, une grande salle de prière accueille les personnes pieuses. Des coussins jaunes sont disposés en rangées parallèles, face à l’autel principal. C’est là que trônent les trois Bouddhas. Ils sont entourés de multiples offrandes, pouvant être des bougies, des fruits ou encore de l’eau. Ouvert au public - à condition d’enlever ses chaussures - ce temple est le seul bâtiment à l’architecture typique.

La physionomie du quartier contraste toutefois avec le reste de Paris. D’immenses tours, composées d’une trentaine d’étages, se dressent ça et là. Elles obscurcissent quelque peu le paysage. Construites dans les années 70, elles étaient destinées à de jeunes cadres mais n’ont pas rencontré de succès auprès de ce public. Vides d’occupants, les nouveaux arrivants asiatiques ont pu s’y installer. Et ils y sont restés.

A la nuit tombée, les rues sont presque vides. Seules les devantures des restaurants demeurent allumées. Spécialités chinoises, vietnamiennes, laotiennes et cambodgiennes : la gastronomie de chaque communauté est représentée. Bien que ces établissements se trouvent les uns à côtés des autres, la plupart sont bondés. Il suffit de pousser une porte pour retrouver un peu d’ambiance et déguster un plat typique.




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