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La magie d’Angkor, joyau du Cambodge

Par Charlotte de Saintignon / Publié le 27.10.2013
Le paradoxe du Cambodge, c’est d’être médiatisé à travers ce qu’il a donné de plus grandiose, Angkor, et de pire, les Khmers rouges, synonymes de génocide et de terreur. Mais c'est aussi un pays qui recèle des trésors qu'il faut découvrir ! De loin la principale destination touristique du pays, Angkor n'a rien perdue de sa magie. Ce site inscrit au patrimoine mondial de l'Humanité, pendant cinq siècles le plus grand centre culturel, administratif et religieux d'Asie du Sud-Est, est exceptionnel par les trésors qu’il recèle et par sa taille. 1 200 temples khmers sont répertoriés sur les 800 km² du site.

Angkor Vat (Photo: fredshome via Flickr)
Angkor Vat (Photo: fredshome via Flickr)
Pour découvrir Angkor, on rejoint Siem Reap (prononcer Rip), la paisible bourgade qui jouxte les temples, au nord-ouest du Cambodge. Sur les chemins, on trouve une jungle omniprésente. A l’ombre des fromagers, ces arbres géants qui enlacent les pierres vénérables, on s’enflamme devant les chefs-d’œuvre d’art khmer, véritables trésors de l’humanité. On dévisage des enfants aux yeux brillants. On suit des rivières sinueuses où nagent des barques bondées de sourires.

Sur le chemin des temples enfouis

Le soleil donne à la pierre des couleurs chatoyantes. A l'intérieur des cinq tours annelées d'Angkor Vat, le principal monument du site, de vieilles femmes font brûler des bâtons d'encens. Shiva, Vishnou et Bouddha y semblent réconciliés. Angkor Vat traduit mieux que tout autre édifice au monde le syncrétisme de deux religions, témoignant d'un passage progressif de l'Hindouisme au Bouddhisme, lequel s'impose définitivement au XIIe siècle.

Pierres miroirs, rimes à la gloire d’une sérénité renaissante. Jeux de perspective, plans réfléchissants démultiplient l’ampleur des lieux. On s’étourdit face à l’immense richesse de cette architecture d’exception. L’oeil se laisse enchanter par la magie de ces regards aux yeux clos, de ces immuables sourires qui se répètent à l’infini et des courbes des apsaras, ces danseuses célestes du paradis d'Indra. Des bas-reliefs déroulent à leurs pieds batailles épiques et légendes merveilleuses.

Escalade périlleuse des marches, passage émouvant sous les galeries en dentelles de pierre. Comme il se doit, on se frappe la poitrine pour tester la résonance du vestibule de la galerie transversale, avant de se perdre dans les tours-épis. Passage sous la magnifique porte sud d’Angkor Thom, une cité fortifiée de 10 km2. Le Bayon, érigé en son centre, est considéré comme le deuxième monument phare d'Angkor. On s’arrête au gré de ses envies. On s’abandonne à la contemplation. Et l’on se surprend à imaginer la vie de ce sanctuaire bruissant sous les offrandes, les cierges d’encens, les danses et les chants… Attention, les divinités vous observent ! Elles vous épient.

Plus loin, une piste forestière plonge en zigzags à Ta Prohm. Insolent mirage qui se révèle réalité. Le temple recèle du caractère intimiste des sanctuaires enfouis dans la jungle tropicale. D’immenses racines, des arbres centenaires, des lianes suspendues ont poussé ici. Telle une marée impitoyable, ils se déploient sur les murs de pierre verdis par le lichen. On s’aventure sous les cris des perroquets et le sifflet des cigales. Le soleil déclinant ocre les linteaux finement ciselés et les pare d’une lumière féerique.

Voici Bakong, un temple montagne édifié en 881. Gravir lentement ses cinq étages de gradins. Un bruit singulier interrompt la marche. Ou plutôt des cris suraigus. Des cris de chauves-souris. Dernier envol. Le ciel s’embrase et l’on se résout à quitter le dernier temple. Son reflet disparaît peu à peu dans le miroir des douves.

Des Dieux constructeurs

Après avoir exploré la jungle cambodgienne et découvert ses immenses temples sculptés de dieux, de danseuses ou d’éléphants, on a l’esprit hanté de rumeurs et de légendes. Saisi de respect, on est resté silencieux devant la magnitude de ces immenses édifices, devant ces sourires hypnotiques. Qui les a construites, ces montagnes de pierre ? Un Cambodgien dirait : “Ce ne sont pas des hommes, il aurait fallu des géants. Ce sont des Dieux !”

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