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Le musée Fernand Léger, hommage vivant à un artiste majeur

Par Charlotte de Saintignon / Publié le 23.09.2013
Situé au pied du centre historique de Biot dans les Alpes-Maritimes, au sein d’un parc méditerranéen, le musée national Fernand Léger est consacré à l'œuvre engagée et éclectique de l’artiste français et à des expositions temporaires dédiées à l’art moderne.

Photo via Flickr
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Le musée Fernand Léger (Biot, Alpes-Maritimes), installé sur un promontoire, rassemble un fonds unique de peintures, sculptures, céramiques, dessins, bronzes et tapisseries du peintre français du XXe siècle (1881-1955). Peu de temps avant sa mort, Léger, qui fut avec Matisse, Braque et Picasso un des héros de l'art moderne, avait acquis le mas St-André, sur le terrain duquel sa veuve décida d'ériger un musée. L’architecture, moderne et fonctionnelle, a été dessinée par André Svetchine de façon à mettre entre autres en valeur deux œuvres monumentales tirées des cartons de l’artiste. Le musée intègre ainsi sur sa façade sud une composition géante en céramique et mosaïque réalisée d'après des études pour une mosaïque que Léger devait réaliser pour le stade-vélodrome de la ville d’Hanovre. Puis la visite permet de découvrir le vitrail monumental du hall d’entrée inspiré d'un dessin de Léger et exécuté par les maîtres verriers Aubert et Pittelou de Lausanne (1990).

En 1960, à l'inauguration du musée, Fernand Léger a laissé en héritage une oeuvre conséquente traversée par de nombreux courants de la première moitié du XXe siècle. Sur 6000 m2, on peut ainsi y découvrir un ensemble exceptionnel de 450 œuvres retraçant les différentes phases de création de l'artiste de 1905 à 1955. De ses premières et rares tentatives néo-impressionnistes jusqu'au développement de son cubisme caractéristique. Caractéristique car propre à Fernand Léger, se démarquant par l'utilisation de la couleur, l'aspect robotique et impersonnel des personnages, au point que le critique d'art Louis Vauxcelles invente pour lui un nouveau mot, le « tubisme » !

Un panorama complet des oeuvres de Léger

Dans un accrochage chronologique, le visiteur commence son parcours par des peintures marquées encore par l’influence de Cézanne (Portrait de l’oncle, 1903) jusqu’aux grandes compositions colorées des années cinquante qui témoignent de son souci d’inscrire son œuvre dans l’Histoire. De 1905 à 1927, les peintures montrent l'évolution de son œuvre, du cubisme à l'abstraction, avec, entre autres, Les Toits de Paris (1912), La Femme en bleu (1912), Les Eléments mécaniques (1924) ou Le Grand Remorqueur (1923). A partir de la première guerre mondiale et dans les années 20, l'artiste s'inspire des constructions mécaniques – roues dentées, vis – et esquisse notamment des êtres mi-humains mi-machines auxquels il associe des couleurs vives. Son art prenant ensuite une nouvelle direction après l'interruption de la guerre et sa rencontre avec le monde du spectacle, qui l'inspire durablement. Exilé ensuite aux Etats-Unis pendant la seconde guerre mondiale, il en rapporte l'influence de la publicité, ses graphismes colorés et simplifiés, comme dans son oeuvre Les Loisirs sur fond rouge (1949). Enseignant alors à l’université, il y croise les jeunes étudiantes vêtues de couleurs criardes non conformistes, qui l'inspirent pour une série de dessins et de tableaux intitulée Les quatre Cyclistes (1942-48). Après ce passage aux Etats-Unis, ses tableaux sont caractérisés par une explosion de couleurs.

Au cours des années 1930, les oeuvres de Léger se sont humanisées et sont devenues plus figuratives avec la célèbre Joconde aux clefs (1930), bon exemple de ses personnages inexpressifs et colorés. Outre ces figures, d’autres thèmes se dégagent au cours de la visite : de 1950 à 1955 sont évoqués le monde du travail, avec un ensemble d'œuvres, dessins et peintures autour des Constructeurs (1950) & co et le monde des loisirs avec entre autres Le Campeur (1954).

Un parc écrin du musée

Lors de ses dernières années, l’artiste s’applique à de nouvelles techniques telles que la céramique, la mosaïque et l’ornement mural que l’on trouve à l’extérieur du musée, dans le jardin. Un jardin qui constitue une œuvre d’art à lui tout seul. Composé d'une vaste prairie ondulée, réhaussé de cyprès, bordé d'une pinède avec des pins parasols, de buis et d'une rangée d'oliviers, il permet d'admirer les mosaïques géantes de la façade et les sculptures polychromes en céramique. Au milieu de la verdure, le visiteur découvre les oeuvres monumentales, réalisées d'après les oeuvres et dessins originaux de l'artiste. Conçu et réalisé par Henri Fish, en étroite collaboration avec l'architecte André Svetchine à l'origine pour être un théâtre de verdure, le jardin est devenu avec le temps un parc très agréable, frais et ombragé, avec de multiples points de vue. Véritable hymne à l’art, c’est aussi une ode à la nature, on y trouve également des plantes méditéranéennes –romarin, santoline, myrte.

Chemin du Val de Pome, Biot (Alpes-Maritimes) Tél. : 04-92-91-50-30.
www.musee-fernandleger.fr.


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