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Chamonix-Mont-Blanc: Vallée Blanche, Vallée Paradis

Par Charlotte de Saintignon / Publié le 19.01.2016
Sommet de légende, le Mont Blanc est le 3e site naturel le plus visité au monde. Chamonix Mont Blanc, capitale du ski et de l’alpinisme, est une station aux multiples facettes. Avec une histoire commune par-delà les sommets qui rassemble des sites à couper le souffle, des lieux de randonnées, des merveilles de la nature, des domaine skiables, une ambiance, des activités… A découvrir et à vivre impérativement !

Chamonix Mont-Blanc de nuit © Savoie Mont Blanc / Hagenmuller
Chamonix Mont-Blanc de nuit © Savoie Mont Blanc / Hagenmuller

Aux pieds de la chaîne des sommets qui entourent fièrement le Mont Blanc, coule l’Arve qui prend sa source après Argentière, au col des Balmes, dans la haute vallée du Mt. Blanc. Au creux de la vallée, l’Arve est aussi l’exutoire de la mer de glace. Gonflée de nombreux torrents, elle draine toutes les eaux de la vallée, arrose Chamonix, Les Houches et de très nombreuses communes de Haute Savoie avant de se jeter, quelque 100 km plus loin, dans le Rhône, à la sortie du lac Léman. L’été, ses eaux tumultueuses se prêtent à la pratique du rafting, du canoé ou de l’hydrospeed.

« Chamouny » entre dans l’histoire en 1091 lorsque des moines s’installent sur la rive droite de l’Arve et y fondent leur prieuré. Le tourisme ne se développe véritablement qu’avec la construction d’une route commanditée par Napoléon III et l’arrivée du train de la Cie PLM (le Paris-Lyon-Méditerranée) en 1901. Le début du XXème voit la construction des premiers palaces et le développement d’une clientèle fortunée qui se rend à « Chamonix-Mt. Banc », (nom de la commune depuis 1921 suite à un accord avec la commune de St. Gervais les Bains). Non pas pour y faire du ski mais pour y mener « grand train » !

Des chemins de fer aériens

Ce sont les premiers Jeux Olympiques d’hiver de 1924 qui signent la naissance des sports d’hiver et donc du premier téléphérique, « le chemin de fer aérien » qui est suivi de nombreux autres et, notamment de celui du Brévent (1930), de l’Aiguille du Midi (1955), de La Flégère (1956) vers les trois grands domaines que constituent Brévent-Flégère-, Balme et Grands Montets.

A la nouvelle de la demande du CIO à Chamonix d’organiser pour 1924 « une semaine des Sports d’Hiver » et accueillir 17 nations, la ville entend bien relever ce qui constitue un véritable défi ! Des centaines d’ouvriers se relaient jour et nuit pour construire la plus grande patinoire d’Europe, un tremplin de saut taillé dans la rocher, une piste de bobsleigh, des pistes de ski... Ce qui vaut à Chamonix la glorieuse appellation (qui ne sera admise qu’en 1925) de « Premiers Jeux Olympiques d’Hiver ».

Dès lors, Chamonix-Mont-Blanc et ses quelque 10 000 habitants connaissent une fréquentation intense. La ville ne vit que du tourisme et son attrait majeur est, qu’à tout moment, on est subjugué par le Mt. Blanc et les cimes qui l’entourent. Ces sommets et leurs versants fascinent, donnent le ton, créent une atmosphère unique. Ce sont eux qui font de la ville le troisième site naturel le plus visité au monde lui donnant ainsi une allure très cosmopolite. Ce sont eux qui créent ces paysages de rêve que chacun peut vivre sans être alpiniste, en prenant simplement le petit train à crémaillère pour la Mer de Glace à la gare du Montenvers ; parmi les nombreux téléphériques en s’élevant vers le Brévent-Flégère, à 2525 mètres, les Grands Montets à 3275 mètres. Ou, avec un grand frisson assuré, en prenant les deux téléphériques pour l’Aiguille du Midi. On peut s’y restaurer, été comme hiver, à 3842 mètres. Plus modestement, on peut aussi suivre de très nombreux sentiers et parcours de randonnée. L’essentiel reste « Chamonix-Mt. Blanc», sa vallée d’où tout part et où tout converge.

De la Mer de Glace à l’Aiguille du Midi

On ne peut évoquer « Chamonix-Mt. Blanc » sans dire quelques mots sur les principaux glaciers qui surplombent la vallée et constituent des buts d’excursion très prisés : Mer de Glace, Glacier des Bossons et Glacier d’Argentière, l’Aiguille du Midi et son téléphérique et sur les domaines de « grand ski d’altitude ».

L'Aiguille du Midi (Photo: C. Bortes)

Le site du Montenvers fut découvert en 1741 par deux voyageurs britanniques qui en reviennent émerveillés. C’est le début du tourisme alpin et, en 1820, un chemin muletier est aménagé. A la fin du XIXème, Chamonix s’impose comme le lieu très en vogue d’excursions en montagne et, 60 ans plus tard, accueille déjà 12 000 touristes. Pour la plupart, ceux-ci effectuent à pied, à mulet ou en chaise à porteur l’excursion au lieu-dit « le Montenvers ». Un spectaculaire point de vue sur la Mer de Glace qui se développe sur 2500 m. Malgré l’hostilité des Chamoniards, en général résolument hostiles et des 300 muletiers qui vivent alors de cette activité, le projet du petit train rouge à crémaillères » s’impose pour accéder au légendaire « géant des glaces ». Après 3 ans de travaux, la ligne est inaugurée en 1909 et entre très vite dans les mœurs : on dépasse 300 000 voyageurs en 1949, 600 000 en 1960 et plus d’1million en 1990. Le panorama y est grandiose : le glacier, les Drus et les Grandes Jorasses d’un côté et, de l’autre, la vallée, le versant du Brévent, les Aiguilles Rouges. A noter et dûment conseillé, la « Grotte de glace », un vrai voyage au cœur du glacier où l’on vit « la glaciologie ». Le site est accessible par télécabine puis descente de 400 marches à renouveler après visite et en élévation cette fois. Mais c’est plus léger avec de beaux souvenirs ! Enfin, s’impose après cette « haute curiosité » l’Hôtel du Montenvers et son restaurant à voir, à visiter, et où il est bon de consommer.

Le Glacier des Bossons, qui prend naissance sur le versant français du sommet du Mt. Blanc entre les roches Rouges (4364 m) et le Dôme du Goûter (4304 m), est « la plus grande cascade de glace d’Europe ». Il constitue l’itinéraire emprunté par Balmat et Paccard lors de la première ascension du Mt. Blanc. Mais, dès lors, le télésiège du village Les Bossons, rattaché à la commune de Chamonix, nous transporte aux abords du glacier, offrant ainsi une vue à couper le souffle sur le sérac. Fin XIXème, le glacier descendait jusque dans la vallée, menaçant de couper la route. Sa langue terminale a aujourd’hui régressé, atteignant quelque 1200m d’altitude dans les années 1980 et servant alors d’école de glace pour la Cie des Guides de Chamonix-Mt. Blanc.

Le glacier d’Argentière, le second plus grand glacier des Alpes françaises et d’un dénivelé cumulé de 1020m, s’oriente vers le village d’Argentière (commune de Chamonix Mt. Blanc) et prend naissance à quelque 3000 m d’altitude. Il est dominé et alimenté en neige par un cirque glaciaire constitué du Mt. Dolent, 3800 m et de l’Aiguille du Triolet, 3730m, qui délimitent la frontière avec la Suisse et l’Italie. Accessible au point 2 (Croix de Lognan) par le sentier ou le téléphérique des Grands Montets, la vue directe et soudaine est impressionnante avec, pour les yeux, un panorama grandiose, saisissant mais, fracassante pour les oreilles, avec le bruit indescriptible qui s’échappe des glaces. Depuis quelques années, la langue terminale du glacier qui s’étend jusque vers 1600m s’est séparée du glacier vers l’altitude de 1900m. N’étant plus alimentée directement par la langue principale mais par les seules chutes de séracs, on peut s’interroger sur sa pérennité.

Enfin, l’Aiguille du Midi. Prêt pour le grand frisson ? Bienvenue au cœur de la haute montagne. L’Aiguille, culminant à 3842 m, est la plus haute des aiguilles de Chamonix. Le point d’arrivée du second tronçon du téléphérique nous emmène en 10 minutes à 3777 m d’altitude au-dessus des crevasses du glacier des Pélerins et des séracs suspendus sur la face nord de L’Aiguille. Pour accéder au sommet, il faut prendre encore un ascenseur. Là, il ne fait pas manquer « l’abri sommital » et « le pas dans le vide » dans une boîte vitrée sur 5 faces et un vide de 1000m sous vos pieds ! Au fil des ans, « l’Aiguille » est devenue une véritable « ruche » dédiée au tourisme : elle est percée par tout un réseau de tunnels et supporte de nombreuses installations telles que les terrasses panoramiques permettant de s’émerveiller à 360° sur les sommets suisses et italiques. Pour les sportifs, l’Aiguille est le point de départ vers la mythique Vallée Blanche, intermédiaire de haute montagne sur glacier, dans un environnement impressionnant, pour arriver, selon l’enneigement, à Chamonix ou au site du Montenvert et de la mer de Glace. Sur un plan plus didactique, on trouve « l’espace vertical », le plus haut musée de l’alpinisme jamais construit et « l’espace Histoire », rétrospective de la construction du téléphérique et de son impressionnante machinerie.


Des sites de montagne à visiter

La ville, « Cham » pour les habitués apparait très hétéroclite. On y trouve quelques beaux exemples de bâtiments « Belle Epoque » tels que le fastueux « Majestic », l’un des 3 palaces et de beaux témoignages de « l’Art Nouveau », « le café la Terrasse », « la banque Laydernier » et des villas luxueuses. Seul vestige de son lointain passé, la tour du clocher de l’Eglise St. Michel construite en 1119, détruite à deux reprises par un incendie mais reconstruite. Chamonix est consacrée à « la montagne » qu’incarnent « Le Musée alpin », « L’Espace Tairraz », « La Compagnie des guides de Chamonix » et « L’espace mémoire Marcel Wibault ».

Le Musée Alpin de Chamonix (Photo: Chamonix.net)

Le Musée alpin est installé dans l’ancien hôtel Chamonix Palace et consacré à toute l’histoire de la vallée. Il redonne vie au passé. On revit la conquête du Mt. Blanc, les débuts de l’alpinisme et des sports d’hivers avec, entre autres matériels et objets les plus divers, le bobsleigh en bois créé pour les Jeux Olympiques de 1924. Sont retracés les débuts du tourisme avec de nombreuses gravures et affiches anciennes et même une chaise à porteur de montagne pour transporter les touristes sur les sentiers de montagne. Le musée présente également la vie quotidienne et pastorale des populations locales au XIX siècle, les travaux des champs. Ainsi qu’une très importante collection de peintures, estampes, aquarelles et photos. La salle des sciences est largement consacrée au scientifique Joseph Vallot, astronome, géographe, naturaliste, alpiniste, mécène qui, découvrant Chamonix à 21 ans en 1875, lors d’un Congrès de géologie, a le coup de foudre. Après avoir fait le Mt. Blanc de multiples fois, il fait construire en 1890 sur 60 m2 le premier refuge-laboratoire-observatoire météorologique et astronomique judicieusement aux abords du sommet ce, par sécurité, à 4365 mètres. Faste imprévu, la salle du musée présente la reconstitution du « salon chinois » de l’observatoire » de Vallot, son mobilier, dont un canapé incrusté de nacre, des bibelots et tapis précieux. Le musée présente également de très nombreuses photos des multiples expéditions de Vallot qui était excellent photographe. Pour la petite histoire, en 1891, un autre scientifique, Jules Janssen, est mandaté pour construire un « Observatoire d’Etat » sur le sommet même du Mt. Blanc. Ce qu’il fait sans tenir compte des précautions de Vallot, le laboratoire s’enfonce alors dans la neige et disparait à moyen terme.

L’Espace Tairraz accueille à la fois le musée des cristaux et l’espace alpinisme. Il plonge chacun dans des univers très spécifiques : l’un dans la minéralogie et l’autre dans un sport de haute montagne. Le Musée des cristaux présente des pièces splendides comme des quartz fumés, des fluorines roses provenant du Massif du Mt. Blanc, mais aussi des cristaux provenant de l’Himalaya, des Andes… Le parcours est très didactique et permet de mieux comprendre la formation de ces minéraux alpins. L’espace alpinisme est un centre très réussi d’expériences de cette discipline grâce à ses dispositifs électroniques et mécaniques. On manipule les montagnes pour mieux comprendre les itinéraires, on construit son parcours, simule des escalades. Bref, on se met pratiquement dans la peau de l’alpiniste, on vit l’expérience du vide on apprend ce milieu et éprouve même de grandes sensations.

Des guides accompagnent des activités variées

La Compagnie des Guides de Chamonix se trouve à la Maison de la montagne. Fondée en 1821 pour contrôler l’accès au Mt. Blanc des premiers étrangers, est la plus ancienne et la plus importante compagnie de guides et accompagnateurs de haute montagne du monde avec 200 professionnels. Parmi les multiples activités proposées pour tous les âges et pour toutes les saisons, on peut citer le TMB (tour du Mt. Blanc), son ascension, la descente de la Vallée Blanche, le hors-piste, les randonnées les plus variées en raquette, VTT, rafting, hydrospeed…

Autre lieu historique de la ville, l’Espace Mémoire-chalet « l’Alpenrose ». Cette ancienne habitation abrite l’atelier et le lieu de vie de Marcel-Wibault, peintre chamoniard du siècle dernier qui ne cessa de peindre son sujet favori « la montagne ». Il en parcourut toute sa vie les monts et les sommets avec son lourd matériel sur le dos et son œuvre (quelque 4 000 toiles) témoignent de sa quête permanente des plus belles lumières. Son fils, Lionel, ancien guide haute montagne et membre de la Compagnie des Guides de Chamonix, a réalisé plus de 2 000 ascensions en 40 ans de métier. Il s’attache à reproduire son ressenti de sa vie de guide, décrit ce qu’il vit, son expérience, amplifie la réalité, exagère les éléments naturels en ajoutant mouvement et couleurs, comme il a pu les ressentir dans ses courses. Il y décrit sa vision de la montagne comme un milieu vivant et en éternel mouvement.

Les domaines de randonnées et de ski de basse, moyenne et haute altitude, les itinéraires de haute montagne, les lieux de découvertes et d’alpinisme…tout s’épanouit et s’épouse sans fin sur les versants de la vallée de la commune de « Chamonix-MT. Blanc ». A juste titre mondialement connue, la station offre « l’inoubliable » : sa vallée est empreinte d’une ambiance rare, chaque lieu y est unique, les panoramas sont superbes… « Chamonix -Mt. Blanc » est à vivre… au moins une fois !

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