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Bondi Beach, une séductrice aux antipodes

Par Alexandra Corsi Chopin / Publié le 12.04.2016
Destination le territoire d’Oz et plus précisément le quartier ultra prisé de Sydney: Bondi. Cadre de vie, paysages, sorties, sports et anecdotes: plongée au cœur d'un quartier du bout du monde. Incitation au voyage sous le soleil exactement.

Bondi Beach (Photo via Flickr)
Bondi Beach (Photo via Flickr)

Il existe un lieu sur la planète, si envoûtant et jouissant d'une popularité si indécente, qu'il mérite d'être conté. Il était une fois, Bondi. On prononce « Bondaï », et non pas Bondy comme la ville du 93. Il était donc une fois Bondi, quartier phare de Sydney. Une ville dans la ville, à l'ambiance de village, dotée d'une plage mondialement connue, Bondi Beach. Bondi, on la teste, on la hume. Elle nous drague, elle nous plait. On l'expérimente, on la vit. On la choisit. C'est toujours, le cœur déchiré, qu'il nous faut la quitter. D'une épatante beauté et d'une vivifiante fougue, elle chérit ses surfeurs, qui le lui rendent bien chaque jour de l'année. Même quand l'hiver est bien entamé, qu'il bruine, qu’il pleuve, qu'il vente, ils sont là, à ne jamais cesser de surfer, pris constamment en photos par des hordes de touristes chinois déboulant des bus garés devant Bondi Beach.

Pour les nuls en géo, Sydney est une ville du Sud-Est de l'Australie, située dans l'Etat de Nouvelle-Galles du Sud (en anglais New South Wales). Sydney est belle et immense, construite tout autour d’une baie ouverte sur le Pacifique. Et c’est justement à la baie qu’elle doit sa splendeur. Bien plus grande que Paris, elle est un mélange de buildings, de maisons, de somptueux manoirs, d’élégantes voitures, d’innombrables parcs qui rendent les enfants rois, mais aussi et surtout de dizaines de baies, de criques, de plages océanes, de vagues immenses, d'eaux bleues foncées ou turquoises, de falaises, de sable blanc, de roches…Imaginez-vous une mégapole dotée de criques paisibles non loin des buildings du centre ville, et des plages océanes sportives, intensément ventées, donnant sur le plus grand océan du monde. Imaginez vous cet instant magique.


Un style de vie remarquable

Bondi est l’un des quartiers Est de Sydney. Son cadre de vie explose tous les records. Ce secteur, joliment entouré, fait en effet partie de ce que l'on appelle les "Eastern Suburbs", ces quartiers Est particulièrement chics et privilégiés, connus et enviés par toute l'Australie. Tous les Eastern Suburbs sont aussi majestueux les uns que les autres (Vaucluse Bay, Diamond Bay, Watsons Bay, Rose Bay, Bellevue Hill). Ils en demeurent cependant moins "cool" que Bondi. Bellevue Hill est un peu la cousine de Beverly Hills à Los Angeles tandis que Bondi serait un peu Santa Monica (en mieux !). Depuis Vaucluse Bay, Rose Bay et bien d'autres, on domine la baie, la City (le centre-ville) et ses buildings. On aperçoit aussi l'Opéra, le Sydney Harbour Bridge (le fabuleux pont) et on se laisse bercer par le va-et-vient incessant des bateaux (l'équivalent de notre métro) desservant toutes les baies jusqu'à la City.

Sydney a beau être la ville la plus peuplée d'Australie et la plus « busy », elle en demeure pourtant propre et paisible. Le temps passe, sans oppression. Dans le bus et le métro, jamais de soucis pour trouver une place assise, jamais on ne se fait accoster et, alors que l'on entend les mouches voler, on ne peut pas s'empêcher de se souvenir, sourire en coin, des douces joies du métro parisien en rush hour. L'anecdote qui suit en témoigne. Un jour, alors que j'étais dans le bus à Bondi, j'ai assisté à une scène atypique. Le chauffeur s'est arrêté à un arrêt lambda. Des personnes sont montées. (Il faut savoir que les australiens font poliment la queue les uns derrière les autres avant de monter dans le bus). Et pas le droit à plus de 15 personnes debout. Quand le bus est trop chargé - avec plus de 15 personnes debout, donc - les gens n'entrent plus et attendent le bus suivant. Bref. Cette fois-ci, avant de redémarrer, le chauffeur a remarqué une dame âgée debout. Au lieu de rester indifférent, il a coupé le contact, est sorti du bus et est entré par la double porte arrière. Il a expliqué aux gens assis autour de la dame que quelqu'un devait lui laisser son siège. Je vous laisse imaginer deux secondes la même scène à Paris.

Bondi est belle et propre. Rien ne traine par terre. Les toilettes publiques sont partout, totalement clean. Sur chaque plage se trouvent des barbecues publics. Rien n'est saccagé. Entre frenchys on se dit souvent "Ca en France ? Ca ne tiendrait pas une nuit". Aussi, pas de vestiaires dans les discothèques. Mais pas d'inquiétude, car les gens ne volent pas. Un vrai monde de bisounours. Paris peut aller se rhabiller. Ah oui d'ailleurs à ce propos, autre anecdote s'il en est, devinez comment se dit "voler dans un magasin" ? Quel est le verbe couramment employé pour désigner les voleurs ? Réponse en fin de lecture. Préparez-vous bien, c'est violent.

Ce qu'il manque

Tout ça, pour vous envoyer du rêve. Car c’est un peu le rêve à Bondi. Mais pas seulement. Ce cadre de vie magique, c’est « l’effet Eastern Suburbs » de Sydney. Les quartiers chics Est de la ville ne sont absolument pas représentatifs de l’Australie en général, grande comme l’Europe. L’Australie est par exemple l’un des pays où le taux d’obésité est le plus élevé au monde. Eh oui, j’ai appris ça ici. Mais inutile de vous dire qu'il y a deux Australie. Celle de la ville et celle de la campagne. Comme aux USA en somme. En ville, et à Bondi Beach plus que nulle part, la santé passe avant tout. C’est bien, mais là c’est un peu too much. Dans les supermarchés, la nourriture organique est partout. A des prix plus élevés que la normale, certes, mais accessibles néanmoins quand on connait le niveau de vie moyen d’un « Sydneysider » (habitant de Sydney). A Bondi, les mamans n'hésitent pas à faire garder leur(s) enfant(s) matin et soir et weekend pour pouvoir aller faire leur footing et / ou aller à la salle de sport. Ou alors vous les verrez le matin en leggin et running, café dans une main, poussette dans l'autre, trottiner face à la mer entre copines. Les hommes, quant à eux, achètent des boites de poudre de 2kgs de protéines et de vitamines pour prendre du muscle. Totalement énergisés, ils filent surfer, ou foncent se défouler à la salle de sport.

L'Australie est loin de tout. 6h d'avion et nous sommes encore dans le même pays, avec la même nourriture, la même langue, la même monnaie, le même style de vie. La dimension insulaire, on la ressent vraiment. En France, 2h de train/d'avion et nous voilà dans n'importe quelle capitale européenne. Et ça, les Australiens, ça les fascine.
Par ailleurs, les activités sont vite limitées. Le weekend à part la plage, le surf et la bière, c'est vite vu... Alors l'hiver...Quoique, me ferez-vous remarquer, il n'y a pas vraiment d'hiver ! Les températures ne tombent jamais dans les négatives.

Syndey est l'une des villes les plus chères au monde. Tout est cher, même avec un salaire correct. Par exemple, la place de cinéma est à $20dollars. Et le kilo de tomates peut atteindre $6. On paiera jusqu'à $24 le paquet de cigarettes, en fonction des marques et des buralistes, chacun imposant le prix qu'il veut (un paquet s'achète en moyenne à $15). Ensuite, disons-le en bons chauvins que nous sommes, la nourriture française nous manque terriblement. Car oui, il fait bon critiquer la France et les Français (la critique est une seconde nature chez nous), mais nous adorons notre pays. Il y a de quoi. Pour ne citer qu'elle, parlons de la gastronomie, un mot quasiment inconnu chez les Aussie. Les bons croissants, le bon pain, les bons fromages, la bonne charcuterie, le VRAI et bon vin. La base quoi. La base? Eh bien en Oz, on doit faire sans.

Alors justement. Venons-en aux choses sérieuses. Parlons alcool. On m'avait prévenue avant mon arrivée. La boisson populaire chez les jeunes étudiants est... le goon (c’est du faux vin, même si c’est écrit « wine » sur les cubis). Les bouteilles de vodka, whisky (...), sont à $40-$50-$60. La bouteille de vin très bas de gamme à $10-$15. Alors forcément à côté, le goon est hors compétition : $10 pour 4 litres. Mais qu'est-ce donc que cela ? Il s'agit de cubis de 4 litres contenant un liquide dont voici les ingrédients : vin de très très très très basse qualité (le "fruity" est le plus populaire) mélangé à des traces de lait, d'œufs, de poissons ou de crustacés. Ça varie selon les marques. Comme disent certains ici « It’s very goon ». Boire de ce breuvage est une véritable douleur pour le corps et l'esprit. Mais il me fallait tester. Essayer de me faire à la coutume locale, voyez-vous... Il se trouve que le lendemain post "goon evening party" a été tellement rude qu’il m’a fallu stopper net. Affaire pliée !

Je vous laisse maintenant vaquer à vos occupations sur cette note éminemment élégante, pleine de douces saveurs exotiques, qui vous feront, à n’en pas douter, vous lécher les babines. Ah oui, j'oubliais... Réponse à la question ci-dessus. "Dérober", "voler", se dit "French shooping" en australien familier. "Il/elle vole dans un magasin" se dira "He/she does French shopping". Voilà, ça c'était pour vous informer de la jolie réputation que les français ont en Oz. Globalement, vous l'avez compris, Sydney et sa perle Bondi regorgent de surprises. La destination est aussi étonnante que majestueuse. Presque féérique. Elle se trouve précisément à 16 960 kilomètres de Paris. Et à 24 heures de vol. Mais, en y réfléchissant bien, ça n’est ni vraiment très loin, ni vraiment très long : la Terre est toute petite. Et puis, faire le tour du globe, c’est vraiment magique. C’est même une promesse : Bondi est enchanteresse.

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