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Grenoble : À l'assaut de la Bastille

Par Elise Chevillard / Publié le 02.04.2016
Surplombant Grenoble, le Fort de la Bastille est tel un rempart sur la montagne, une ceinture de fer qui épouse le relief montagnard et où s’écrit l’histoire de la cité dauphinoise. Pour y accéder, il faut faire un voyage dans les airs, à bord des fameuses petites bulles du téléphérique. C’est à 476 mètres d’altitude, un pied dans les nuages, qu’on découvre alors un point de vue panoramique et imprenable sur Grenoble.

 Le Téléphérique reliant le centre ville de Grenoble à la colline de la Bastille.(Photo via Flickr)
Le Téléphérique reliant le centre ville de Grenoble à la colline de la Bastille.(Photo via Flickr)

Fil d’acier tendu entre Grenoble et le Fort de la Bastille, le téléphérique est l’un des moyens pour accéder au sommet. Suspendu entre ciel et terre, on survole les toits anciens de Grenoble, balancé au rythme des courants venteux dans ces bulles transparentes. Dès lors, la cité devient toute petite et se dévoile doucement. Construit en 1934, le téléphérique est à l’époque une grande première en Europe puisqu’il fallait se rendre à Rio de Janeiro pour trouver de telles installations urbaines. En 1976, les célèbres bulles de plexiglas prennent le relais des premières cabines métalliques. Depuis, elles font partie du paysage urbain, symbole de la ville. Après 4 minutes, le voyage s’achève au sommet de la Bastille.

Le Fort de la Bastille : gardienne des Alpes

Taillé dans la montagne, ce rocher calcaire a été fortifié pour parer une attaque provenant du massif de la Chartreuse. L’ouvrage présente une succession de créations militaires en tout genre: casemates - sorte de bunkers - voutées, galeries de fusillades, et banquettes de tir installées sur le versant qui fait face à la ville. C’est en 1591 que la première fortification de la Bastille fut érigée par le Duc de Lesdiguières. En 1692, Vauban, architecte militaire et maréchal de France sous Louis XIV, apportera sa touche à l’ouvrage. Il proposera un agrandissement des défenses qui ne sera suivi que très partiellement, même si une partie de son projet sera reprise par le général Haxo en 1848. Aujourd’hui, on peut parcourir les 7 niveaux qui composent la fortification. Chacun offrant un nouveau panorama, montagnard ou urbain, selon où se tourne le regard. D'une terrasse à l'autre, l'horizon se déploie sur la Chartreuse, le Vercors, Belledonne et jusqu'au Mont-blanc qui se détache sur le ciel bleu avec ses neiges éternelles.

Une vue à 360 °

Il est encore tôt ce matin et une petite brume flottante recouvre la ville qui s’étale à nos pieds. Grenoble est encerclée par les massifs. Une situation qui lui vaut le doux surnom de « cuvette ». Les cimes et les crêtes sont tour à tour, brutes, verdoyantes, de pierre et de granit. La halte sur la terrasse des Géologues offre un premier point de vue sur la longue ligne de crêtes qui compose le Vercors. Depuis le belvédère Vauban, le panorama se déroule à 360°. Grâce aux tables d’interprétations, la ville se lit comme un livre ouvert, le paysage écrit une histoire. Hérissée de sommets de calcaire blanc, la Chartreuse émerge d’un couvert forestier très dense pour atteindre 2 000 mètres d’altitude. Outre la montagne, la Chartreuse est aussi une célèbre liqueur. C’est dans le plus grand secret qu’elle est fabriquée par les moines qui vivent dans l’Ermitage au cœur de ce massif. De l’autre côté, Belledonne offre un relief plus doux et moins abrupt. Au soleil couchant, le massif s’enflamme.

À nos pieds, la cité dauphinoise se raconte. De longues routes rectilignes découpent le plan de la ville. Parmi elle, le cours Jean-Jaurès, l’avenue la plus rectiligne d’Europe, sur huit kilomètres. Au loin, on aperçoit les restes du village olympique de 1968. Des traces inscrites durablement dans le paysage urbain.

L’art au sommet

Mais la Bastille est aussi, et on le sait moins, un lieu d’exposition. On appelle casemate un espace vouté qui servait de repaire pour tirer au canon ou au fusil. Aujourd’hui, cela fait longtemps que les soldats ont déserté l’endroit, laissant place à l’art qui a su trouver sa place dans ces grandes salles. Le Centre d'Art Bastille (CAB) propose toute l’année des expositions majeures d'artistes contemporains reconnus.

Petit détour dans un autre musée, celui des Troupes de montagne. Dans une mise en scène originale et ludique, ce musée invite le visiteur à se plonger dans l’univers des soldats de montagne. Grâce à une riche collection ainsi qu’à diverses reconstitutions à échelle réelle de scènes, telles une tranchée de la Première Guerre mondiale, on revient sur l’histoire de ce corps d’armée depuis sa création en 1888.

Pour redescendre vers la ville, on emprunte un chemin en lacets, construit pour le passage des canons. Le tracé se faufile à travers la forêt, dans de petits couloirs raides qui longent les remparts. Parfois, la route étroite laisse place à d’étranges souterrains creusés dans la roche. Peu à peu, Grenoble reprend sa taille humaine. Le Jardin des Dauphins apparaît comme un trait d’union entre les pentes de la Bastille et le bitume de la ville. Aménagé au goût méditerranéen avec ses mimosas et ses grenadiers, ce jardin est idéal pour faire une petite halte à l'ombre. Dernière parenthèse avant de partir à la conquête de la ville.
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