Magazine

Sept incontournables à Nantes cet été

Par Elise Chevillard / Publié le 07.07.2016
Bretonne, Vendéenne, Angevine, tournée vers le large ou vers la terre... Nantes est nourrie de ces influences culturelles et géographiques. De son passé portuaire, la cité des Ducs de Bretagne a gardé le goût des horizons lointains. Ici, tout invite au voyage, que ce soit en suivant une ligne verte, en haut d’un nid ou à dos d’éléphant.

Photo: Jean Pierre Dalbera via Flickr
Photo: Jean Pierre Dalbera via Flickr
La Cigale : Une brasserie au decor de cinéma

Crémeux de chèvre fermier, tartare de daurade royale, parmentier de canard maison… La carte de La Cigale est alléchante et un rapide coup d’œil au décor qui se devine à l’intérieur suffit pour se convaincre à rentrer. Dans cet écrin, tout est exubérance. S’écrivent ici, toutes les folies de l’Art nouveau. Harmonieusement, les carreaux de céramique côtoient les dorures, les fresques, les mosaïques, les miroirs et les boiseries. Une décoration sortie de l’imaginaire de l’architecte-céramiste Emile Libaudière et mise en lumière par les larges verrières. Sur les murs et les plafonds, les peintures de Georges Levreau évoquent le carnaval. Inspiré des fables de la Fontaine, on retrouve plusieurs fois le motif de la cigale. Depuis 1895, La Cigale est une adresse mythique qui vous transporte le temps d’un repas à l’époque des grandes Brasseries traditionnelles. Situé en face du théâtre Graslin, le lieu attirait les mondains après le spectacle, les bourgeois Nantais mais aussi les cocottes et les intellectuels comme André Breton et Jacques Prévert. Tout ce petit monde venait s‘encanailler joyeusement. Plus tard, La Cigale attire les cinéastes comme Jacques Demy. Dans Lola, il rend hommage à sa ville natale et pose sa caméra dans le restaurant, qui se mue en cabaret. Aujourd’hui, certaines célébrités de passage à Nantes, n’hésitent pas à dédicacer qu’il s’agit de « la plus belle brasserie du monde ».


Un verre en haut du Nid

Après un court voyage en ascenseur et 144 mètres plus haut, le Nid vous accueille niché au dernier étage de la Tour de Bretagne. On se retrouve pour siroter un cocktail, mais aussi pour apprécier la vue à 380 degrés sur Nantes depuis la terrasse. Créée dans le cadre du « Voyage à Nantes » en 2012 par le plasticien Jean Jullien, cette œuvre-bar est le refuge d’un immense oiseau blanc, paresseusement allongé et sur lequel on peut s’installer. On peut aussi choisir de s’asseoir sur l’un de ses nombreux œufs qui l’entourent, sans risquer d’en faire une omelette ! Cette année, le Nid fête ses 4 ans. L’occasion de (re)découvrir cette adresse atypique loin de la rumeur de la ville.

Le Nid (Photo: Stéphane Chalmeau)

Suivez la ligne verte

Pas besoin de partir bien loin, se promener dans les rues de Nantes est déjà une belle promesse de voyage. Depuis plusieurs années, une ligne verte s’est intégrée dans le paysage urbain. Tracée au sol, elle traverse la ville, se faufile le long des rues, s’efface par endroit pour réapparaître un peu plus loin et nous guide à travers des œuvres d’art disséminées un peu partout dans des lieux mythiques ou sur des places. Parfois poétiques, parfois surréelles, les œuvres surgissent dans la ville, dans des endroits surprenants, souvent délaissés, et se réapproprient le patrimoine. Certaines sont pérennes, comme le banc géant de Claude Ponti qui siège dans le Jardin des Plantes ou le mètre à ruban de Lilian Bourgeat sur l’Ile de Nantes. D’autres sont éphémères, et resteront le temps du « Voyage à Nantes » qui se déroule cette année du 1 juillet au 28 août. Le parcours vous conduira aussi hors de la ville et jusqu’au port de Saint-Nazaire. Au fil de l’eau, on croisera la maison flottante dans la Loire de Jean-Luc Courcoult. Mais aussi une villa perchée en haut d’une cheminé de l’artiste Tatzu Nishi.

Photo: La villa perchée en haut d’une cheminé de l’artiste Tatzu Nishi.


Un bestiaire fantastique

Quand on traverse la Loire, le quai des Antilles est le théâtre d’un étrange ballet. Tout en majesté et légèreté, malgré son imposante carcasse, un éléphant promène des passagers sur son dos. Plus loin, ce géant d’acier de 12 mètres de haut croise une araignée aux dimensions à en effrayer plus d’un. S’agit-il d’un pays merveilleux ou bien d’un monde inventé par Jules Vernes ? Ces créatures sont nées de l’imagination de François Delarozière et de Pierre Oréfice. Dans la nef des anciens chantiers navals, on découvre toutes les étapes de la création, du croquis à la réalisation finie. Un héron, des monstres marins, des végétaux et des plantes mécaniques cohabitent dans cette galerie des machines.


Comme un goût d'Antilles

Après les Machines de l’Île, place à une succession de cafés, bars, et restaurants le long du quai des Antilles. Ouverts sur la Loire, chaque lieu a voulu créer une identité propre en se reposant sur une thématique. Ambiance bonne franquette à la Cantine. Ici, pas de chichi. Autour des grandes tablées de bois, on fait vite connaissance avec son voisin. Au menu, un plat unique, simple mais avec de bons produit qui eux n’ont pas eu à voyager bien loin. Juste à côté des cuisines, poussent joyeusement légumes et fruits dans le potager de la Cantine. A l’Altercafé, on prône le commerce équitable, et au Ferrailleur, c’est plutôt le rock.

Les Nantais appellent ce lieu, le Hangar à Bananes. Un nom qui fait référence au passé industriel et naval de la ville. De 1929 à 1970, il faut alors imaginer un endroit où arrivaient par bateau des bananes. Elles étaient alors stockées et murissaient lentement dans ces hangars. À l’arrêt de cette activité, le lieu deviendra une friche portuaire à l’abandon, peu à peu grignoté par la végétation avant que viennent s’installer bars et restaurants. Aujourd’hui, les grues qui veillent telles des titans d’acier sur l’ancien port, témoignent encore de ce commerce qui fut pendant longtemps florissant.

Le long du quai, Daniel Buren a posé 18 anneaux qui selon où le regard se porte, délimitent un cadre sur Nantes ou bien vers l’estuaire. Rouges, verts et bleus, ils s’auréolent de couleurs telles des phares dans la nuit.


Nantes à l'heure des festivals

Du 5 juillet au 12 août, Nantes se met Aux heures d’été. C’est d’ailleurs le nom de ce festival qui dédie sa programmation aux cultures d’ici et d’ailleurs qui tissent entre elles des dialogues. Concerts de musiques traditionnelles et actuelles, lectures de contes, expositions et cinéma à la belle étoile… Au total ce sont 35 spectacles et 80 artistes du monde entier qui investissent à l’occasion les parcs et jardins nantais. Au programme : la chanteuse kurde Aynur, la projection du film aux 4 Césars Mustang de Deniz Gamze Ergüven, la lecture du roman Le vieil homme et la mer d’Hemingway.

100 concerts, 15 scènes. C’est le rendez-vous annuel jazzy qui vient clore l’été nantais. Du 25 au 28 août, la musique s’invite le long de l’Erdre, petit affluent de la Loire qui traverse paisiblement la ville, mais aussi de ses ports qui la ponctuent. Pendant Les Rendez-vous de l’Erdre, Nantes se mue en capitale du jazz et accueille des artistes reconnus ou en devenir. Et pour ses 30 ans, le festival veut marquer le coup avec des concerts qui se joueront sur l’eau ou bien en haut d'un arbre. Les bateaux sont eux aussi à l’honneur durant ces quelques jours qui, dans la douceur du soir, emportent sur l’eau des notes de musiques.

Les Rendez-vous de l’Erdre (Photo: Michael Parque)

Et hop, un petit tour en bateau

Direction Trentemoult en face de Nantes et à bord du Navibus. Le temps d’une dizaine de minutes, le bateau vogue sur les flots troubles de la Loire, bercé par le vent du large qui s’engouffre dans l’estuaire. Trentemoult se dévoile. Lumineuse et éclatante. Ancien village de pécheur, c’est le dernier port maritime sur la Loire. Il règne dans ses rues comme un air de guinguette. 1600 âmes vivent à l’année dans ces bicoques colorées accolées les unes aux autres. Jaunes, oranges, cyan, rouges, bleues…. Les façades arborent fièrement leurs couleurs, fidèles à la tradition des pécheurs qui utilisaient le reste de peinture qui servaient aux coques de leurs bateaux pour en enduire les murs. Aujourd’hui, ils ont troqué leurs filets pour des crayons et des pinceaux. Une faune artistique s’est installée à Trentemoult, sûrement portée par l’inspiration qui s’en dégage.

Déjà, il faut repartir vers l’autre rive et clore ce voyage. A l’image de l’eau qui se referme sur la cicatrice laissée par le passage du bateau.
Rejoignez "Allovoyages.fr - Le Magazine" sur Facebook, et recevez nos meilleurs articles sur votre fil d'actualité.