{"id":6948,"date":"2016-01-07T15:00:36","date_gmt":"2016-01-07T15:00:36","guid":{"rendered":"https:\/\/www.allovoyages.fr\/mag\/?p=6948"},"modified":"2021-10-08T15:03:45","modified_gmt":"2021-10-08T15:03:45","slug":"anjuna-beach-goa","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.allovoyages.fr\/mag\/anjuna-beach-goa\/","title":{"rendered":"Anjuna beach, Goa: march\u00e9 aux puces, r\u00eaves, rave, et dauphins satin\u00e9s"},"content":{"rendered":"<p>Plage culte de Goa, dans le sud de l&rsquo;Inde, c&rsquo;est ici que les hippies ont d\u00e9ferl\u00e9 en masse dans les ann\u00e9es 70, avant que de gigantesques rave \u00e0 ciel ouvert ne relaient le mouvement. Anjuna beach garde aujourd&rsquo;hui, malgr\u00e9 le tourisme \u00e9mergent, une grande part de myst\u00e8re solaire.<\/p>\n<div id=\"attachment_6949\" style=\"width: 606px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-6949\" src=\"https:\/\/www.allovoyages.fr\/mag\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/goa1.jpg\" alt=\"\" width=\"596\" height=\"396\" class=\"size-full wp-image-6949\" srcset=\"https:\/\/www.allovoyages.fr\/mag\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/goa1.jpg 596w, https:\/\/www.allovoyages.fr\/mag\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/goa1-300x199.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 596px) 100vw, 596px\" \/><p id=\"caption-attachment-6949\" class=\"wp-caption-text\">Photo: \u00a9Benoit Helme<\/p><\/div>\n<p>Des formes qui ondulent dans la mer d&rsquo;Oman. Elles ont quasiment la couleur de l&rsquo;eau. Elles surgissent, puis plongent \u00e0 nouveau. Elles jouent. Comme dans un r\u00eave. On a toujours r\u00eaver de voir pour de bon ces animaux mythiques, et les voil\u00e0 enfin sous nos yeux \u00e0 proximit\u00e9 du bateau. Ca fait beaucoup de bien de voir des dauphins. On approche doucement de la plage indienne Anjuna, \u00e0 Goa. Au loin, on commence \u00e0 distinguer clairement une palanqu\u00e9e de tissus aux couleurs vives, du sable aux \u00e9clats de caramel, des silhouettes \u00e9l\u00e9gantes en sari. Nous sommes mercredi, c&rsquo;est le jour du flee market, cet immense march\u00e9 aux puces install\u00e9, l\u00e9g\u00e8rement en hauteur, tout au long de la plage. On pense, souvent \u00e0 tort, que Goa est une ville. Or, c&rsquo;est un Etat de 3 700 kilom\u00e8tres carr\u00e9s, une ancienne enclave portugaise devenue ind\u00e9pendante en 1961 &#8211; ce qui explique qu&rsquo;elle soit encore aujourd&rsquo;hui de culture chr\u00e9tienne dans un sous-continent majoritairement hindouiste et musulman. Reste les plages de Goa, dont la splendide Anjuna.<\/p>\n<p><strong>Nus dans les paillotes<\/strong><\/p>\n<p>Ajuna Beach. Un petit pas pour l&rsquo;homme, un grand kif pour la communaut\u00e9 hippie. Plage culte de l&rsquo;\u00e9poque weed et maison bleue. Lieu mythique de la colonisation hippie donc, dans les ann\u00e9es 60 et 70. C&rsquo;est ici que des milliers de gars et de filles peace and love ont voulu refaire le monde \u00e0 coup de jours meilleurs. Ici qu&rsquo;ils ont vu des sardines align\u00e9es dans l&rsquo;huile de moteur en cousant \u00e0 leur jean des fils de couleur &#8211; dixit Maxime Leforestier. Sous les pav\u00e9s, le sable d&rsquo;Oman. Ces r\u00e9volutionnaires de la d\u00e9fonce et de la paix &#8211; dont beaucoup de fran\u00e7ais &#8211; ont d\u00e9ferl\u00e9 ici en masse pour y vivre d\u00e9finitivement et faire la f\u00eate, fuyant ainsi la soci\u00e9t\u00e9 de consommation. Ils arrivaient \u00e0 Goa le plus souvent en bus, apr\u00e8s avoir travers\u00e9 la Turquie, l&rsquo;Iran, l&rsquo;Afghanistan, ou le Pakistan, r\u00e9inventant droit devant un Eden sur les plages de Goa en g\u00e9n\u00e9ral, et d&rsquo;Anjuna en particulier. Ils y vivaient parfois nus dans des paillottes &#8211; sans que personne, ni aucun pr\u00e9fet, ne songe alors \u00e0 les faire flamber &#8211; et sans \u00e9lectricit\u00e9 non plus, en mode on refait le match en mode libertaire, avec herbe, shit, extasy ou LSD en ap\u00e9ritif et denr\u00e9e courante. C&rsquo;est ici qu&rsquo;ils ont pens\u00e9 trouver leur terre promise: 101 kilom\u00e8tres de plages bluffantes, s&rsquo;installant aussi dans les villages de p\u00eacheurs environnants aux bicoques de toutes les couleurs. Anjuna est une plage et un village.<\/p>\n<p><strong>Acides, yoga et psych\u00e9d\u00e9lisme<\/strong><\/p>\n<p>Acides, yoga et psych\u00e9d\u00e9lisme au menu donc, avec, en moyenne, 32 degr\u00e9s \u00e0 l&rsquo;ombre toute l&rsquo;ann\u00e9e. Bienvenue dans le psych\u00e9d\u00e9lisme solaire. Le psych\u00e9d\u00e9lisme, c&rsquo;est ce mouvement de contre-culture pr\u00e9cis\u00e9ment n\u00e9 avec les hippies et qui valorise toutes sortes d&rsquo;exp\u00e9riences sensorielles li\u00e9es \u00e0 des substances hallucinog\u00e8nes et se nichant dans certains v\u00e9g\u00e9taux ou encore obtenues par synth\u00e8se &#8211; ayahuasca, cannabis, champignons hallucinog\u00e8nes, LSD, MDMA, ou encore mescaline. Le soleil en soi produit pourtant d\u00e9j\u00e0, naturellement, un effet comparable \u00e0 celui des opiac\u00e9s, dans une moindre mesure. Les hippies de l&rsquo;\u00e9poque ont v\u00e9cu, en somme, \u00e0 Goa comme on vivrait sur une autre plan\u00e8te, un peu plus pr\u00e8s du soleil.<\/p>\n<p><strong>Les hippies y v\u00e9curent heureux et eurent pas mal d&rsquo;enfants<\/strong><\/p>\n<p>Les hippies v\u00e9curent donc heureux sur les plages de Goa, et eurent somme toute pas mal d&rsquo;enfants. Ils ont aujourd&rsquo;hui entre 20 et 30 ans, et bon nombre d&rsquo;entre eux vivent encore entre Goa et l\u2019Occident, selon un mode de vie pourtant bien diff\u00e9rent de celui de leurs parents. Certains travaillent par exemple six mois de l&rsquo;ann\u00e9e dans une grande ville d&rsquo;Europe &#8211; comme Vienne &#8211; en tant qu&rsquo;ouvrier, \u00e9conomisent environ 3000 euros et repartent, gr\u00e2ce \u00e0 cette r\u00e9serve, vivre \u00e0 Goa les six autres mois de l&rsquo;ann\u00e9e. D&rsquo;autres sont partis des l&rsquo;\u00e2ge de douze ans faire des \u00e9tudes aux Etats-Unis et sont entr\u00e9s depuis de plain pied dans la soci\u00e9t\u00e9 de march\u00e9, dirigeant aujourd&rsquo;hui incubateurs sur le net et autres plateformes aux Etats-Unis mais revenant passer malgr\u00e9 tout trois mois par an \u00e0 la cool sur Anjuna, ou une autre plage de Goa (\u00e9couter \u00e0 ce sujet le reportage de France inter \u00ab\u00a0A Goa, comment vivent les enfants des hippies?\u00a0\u00bb (1). Tous ces enfants de hippies b\u00e9n\u00e9ficient d&rsquo;ailleurs d&rsquo;un visa de r\u00e9sident en Inde, ce qui leur permet d&rsquo;aller et venir au gr\u00e9 de leurs envies, en vivant la plupart de temps sans drogues. Certains d&rsquo;entres-eux ont vu, enfants ou adolescents, une tripot\u00e9e d&rsquo;adultes sous acides ou sous h\u00e9ro\u00efne, eux-m\u00eames ont exp\u00e9riment\u00e9 parfois certaines drogues; ils en sont revenus et pr\u00e9f\u00e8rent vivre sans.<\/p>\n<p><strong>Apr\u00e8s le r\u00eave, \u00e0 fond la rave<\/strong><\/p>\n<p>Apr\u00e8s le r\u00eave des ann\u00e9es 70, les rave prennent le relais. Des rave gigantesques qui se d\u00e9roulent sur les plages de Goa et qui, \u00e0 partir des ann\u00e9es 90, s&rsquo;imposent en mode r\u00e9solument techno. Goa est consid\u00e9r\u00e9 depuis comme le lieu de naissance de la \u00ab\u00a0trance Goa\u00a0\u00bb, elle-m\u00eame anc\u00eatre de la \u00ab\u00a0trance psych\u00e9d\u00e9lique\u00a0\u00bb qui s\u00e9vit aujourd&rsquo;hui encore dans les festivals et les clubs \u00e9lectro alternatifs europ\u00e9ens, comme le Glazart \u00e0 Paris ou les quelques raves de plus en plus rares dans les campagnes fran\u00e7aises. Pour ceux qui voudraient aller faire la f\u00eate aujourd&rsquo;hui \u00e0 Goa, on ne peut que vous conseiller le site \u00ab\u00a0whatsupgoa.com\u00a0\u00bb, pour d\u00e9nicher de bonnes pistes.<\/p>\n<p><strong>Times are changing, \u00e9videmment<\/strong><\/p>\n<p>Times are changing, \u00e9videmment. Goa, c\u2019est aujourd\u2019hui l\u2019\u00e9tat le plus riche de l&rsquo;Inde \u00e9mergente, avec une classe moyenne florissante, venant le plus souvent du nord de l&rsquo;Inde, et qui veut elle aussi sa part de plages. Ce sont aussi des cohortes de Russes enjou\u00e9s, et pas tout \u00e0 fait hippies, qui viennent fuir ici l&rsquo;\u00e2pret\u00e9 de l&rsquo;hiver slave et boire des coups pour pas cher, de d\u00e9cembre \u00e0 avril. Autant dire tout b\u00e9nef pour les locaux de Goa, qui vivent en grande partie du tourisme. Moins pour le hippies primo-arrivants, qui voient leur zone d\u2019influence se r\u00e9duire ainsi chaque ann\u00e9e comme peau de chagrin et l\u2019\u00e2ge d\u2019or de Goa entrer dans les livres d\u2019histoire. Il faut dire que les lendemains de f\u00eate n&rsquo;ont pas toujours \u00e9t\u00e9 des plus heureux pour les villageois indiens qui retrouvaient parfois leur plage parsem\u00e9e de seringues et autres joyeuset\u00e9s. Depuis la police a remis de l&rsquo;ordre, et la fin r\u00e9glementaire de la musique au dehors sonne \u00e0 22 heures pr\u00e9cises. M\u00eame le b\u00e9ton a gagn\u00e9 Goa malgr\u00e9 une forte r\u00e9sistance locale. La magie de Goa perdure n\u00e9anmoins. La tradition chr\u00e9tienne se cultive encore comme un opium l\u00e9gal, les soir\u00e9es se multiplient \u00e0 No\u00ebl dans les nombreuses boites d&rsquo;Anjuna, Vagator, ou Chapora, en mode trance-goa, rock ou reggae. C&rsquo;est \u00e9galement \u00e0 cette p\u00e9riode que certaines rave peuvent, exceptionnellement, se d\u00e9rouler tard dans la nuit. Ou peut encore aussi danser sur les plages, \u00e0 la lueur de la pleine lune, pendant les full moon parties.<\/p>\n<p><strong>Le march\u00e9 aux puces<\/strong><\/p>\n<p>On marche maintenant doucement dans le march\u00e9 au puces de la plage. Plein soleil. La plus part des objets qu&rsquo;on y voit sont un plaisir pour les yeux. Nous sommes au milieu des artisans pour qui vendre une \u00e9toffe est sans doute plus important que de vendre des actions pour un trader du CAC 40. On s&rsquo;arr\u00eate, on s&rsquo;interroge sur un tissu, on parle comme on peut avec les indiennes, dont le sourire est souvent lumineux. Certaines sont jeunes, dix ans, quinze ans, elles vont \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole, ou pas. Cette plage est leur entreprise. On marche dans cette lumi\u00e8re d&rsquo;Anjuna, o\u00f9 la vie s&rsquo;\u00e9coule dans un espace o\u00f9 le soleil a coup\u00e9 le temps. On est bien, vraiment. On revient \u00e0 la mer, on revient au bateau. Au loin se profilent d\u00e9j\u00e0 les dauphins, qui se lancent pour un nouveau ballet.<\/p>\n<p>(1) http:\/\/www.franceinter.fr\/emission-ailleurs-a-goa-comment-vivent-les-enfants-de-hippies<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Plage culte de Goa, dans le sud de l&rsquo;Inde, c&rsquo;est ici que les hippies ont d\u00e9ferl\u00e9 en masse dans les&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-6948","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-a-la-une"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.allovoyages.fr\/mag\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6948","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.allovoyages.fr\/mag\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.allovoyages.fr\/mag\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.allovoyages.fr\/mag\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.allovoyages.fr\/mag\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6948"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.allovoyages.fr\/mag\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6948\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6950,"href":"https:\/\/www.allovoyages.fr\/mag\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6948\/revisions\/6950"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.allovoyages.fr\/mag\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6948"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.allovoyages.fr\/mag\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6948"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.allovoyages.fr\/mag\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6948"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}