Asie

Le Vietnam, d’Ha Long au Mékong

Par Elise Chevillard / Publié le 12.05.2024

Ce périple de 1676 kilomètres et de trois semaines à travers le pays du dragon, surnommé ainsi à cause de sa forme, nous mènera de la baie d’Ha long au Delta du Mekong, en passant par Hué, l’impériale figée dans le temps,  Hoi An et ses lanternes, Dalat et l’ancienne Saigon tournée vers l’avenir.

EliseChevillard© Tous droits réservés – 2019

Hanoï. 10H45 et déjà 35 degrés. La plus ancienne capitale d’Asie (capitale politique et administrative depuis 1976), s’enveloppe dans une moiteur collante. Le ciel semble s’être couché sur la ville tant, il est opaque et chargé. Le voyage commence dans une circulation anarchique, une cacophonie de klaxons, une marée de voitures et de deux-roues. Certains passagers sont sans casques, d’autres groupés en famille entière. Les chauffeurs disparaissent sous des livraisons, transportant toute sorte d’objets sur leurs motos rafistolées. Tous se déversent en un flot continu, comme un banc de poissons.

Hanoi. EliseChevillard© Tous droits réservés – 2019

Sur les trottoirs, c’est la vie quotidienne qui se joue : barbiers, joueurs de cartes, oiseaux en cages, étals de viande qui côtoient des slips bon marchés,  des crevettes fraîches et des fruits du dragon, à même le sol. Ici, on mange à toutes les heures, dans ces restaurants éphémères. Installés sur de minuscules tabourets en plastique, les Vietnamiens engloutissent des pho, des soupes de nouilles et de viande accompagnées d’herbes aromatiques sorties de marmites fumantes. Pourtant, dans tous cet entassement, se dégage une atmosphère calme et paisible. Au cœur d’Hanoi, une voie ferrée passe à quelques centimètres des maisons et rythme la vie du quartier, tout comme les touristes qui viennent attendre chaque jour le passage du train.

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Avant de poursuivre votre route, échappez-vous du joyeux chaos d’Hanoi, le temps d’une journée pour une escapade à la Pagode des parfums. C’est le site religieux le plus important de la région, là où chaque Vietnamien doit se rendre au moins une fois dans sa vie en pèlerinage. Pour arriver dans les centaines de temples, il faudra monter dans un sampan, petite barque étroite en métal et voguer sur la rivière Yen au rythme des coups de rames de la sanpaniere. Cette dernière pendant une heure ne va jamais faiblir. Le site compte pas moins de 100 pagodes et temples bouddhistes entourés par les montagnes karstiques aux formes tourmentées, qui ne sont autres que la baie d’Ha long terrestre.

Les brumes infinies d’Ha long

Sans transition, ( ou plutôt si),direction l’île de Cat Ba, point de départ pour se rendre à Halong par la baie de Lan Ha. Deux bus et un bateau plus tard, nous voici sur une route qui monte à travers la montagne karstique. La végétation est dense et exotique. Les premiers hôtels apparaissent, alignés côte à côte sur le port. Au loin, on distingue les fameux rocheux, de nombreux bateaux de pécheurs colorés mouillent en face. L’excursion dans la baie d’Ha Lan est prévue pour le lendemain.

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Le matin est là. Dès la sortie du port, les premiers pains de sucre apparaissent perdus dans des brumes infinies et composent un paysage d’estampe japonaise. Véritable labyrinthe maritime formé d’une chaîne de montagnes englouties dans le Golf du Tonkin, la baie de Lan Ha, petite sœur d’Halong moins touristique, n’a pas à rougir de sa beauté. Cette mer intérieure révèle un paysage karstique de 3000 îlots et îles avec des grottes qui se visitent en kayak.

Hué, jadis capitale impériale

C’est en train de nuit que nous poursuivons le voyage, direction Hué. La vitesse de pointe ne dépassera pas les 70 kilomètres heures. Ancienne capitale impériale de 1802 à 1945, Hué est déclarée patrimoine historique par l’UNESCO depuis 1993 avec ses nombreux sites conservés dans la Citadelle notamment. Entourée d’un rempart à la Vamban, elle est percée de 10 portes couronnées de tours de guets. À l’intérieur, une deuxième enceinte permet de pénétrer dans la cité impériale, conçue sur le modèle de la cité interdite de Pékin. Il faut encore franchir la troisième enceinte qui jadis abritait une centaine de bâtiments et de somptueux jardins.

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Aujourd’hui, c’est une succession de temples aux murs patinés et aux couleurs qui ont traversé les temps : jaune curry, ocre, rose, bleu… Par endroits, la végétation pousse sur les pierres. Hué est aussi connue pour sa gastronomie, typique du centre du Vietnam et que l’on ne retrouve nulle part dans le pays. A l’heure du repas, régalez-vous d’un banh beo , petite crêpe de riz cuite à la vapeur parsemé de crevette, de couenne de porc grillé et d’herbes le tout dans une sauce nuoc man, et de banh Khoai, une crêpe aux œufs frits et farcie aux crevettes et soja dans une sauce cacahuète.

Hoi An, la ville aux mille lanternes

Après 3 jours à flâner paresseusement dans la citadelle, il est temps de reprendre la route et de continuer la descente vers Hoi An, cette fois-ci en bus couchettes. Hoi An est une jolie ville de pêcheurs, qui s’étend le long de la rivière.  Son centre inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO ne fait qu’un kilomètre avec plus de 800 bâtiments dont notamment le pont japonais couvert construit en 1593 et qui relie deux quartiers de la ville. Au milieu, se dresse une pagode coiffée de tuiles jaunes et vertes. Jaune, comme la majorité des bâtiments de la vieille ville. Le temps ici n’a pas altéré la belle couleur des façades rehaussée par les lampions colorés qui ornent les maisons.

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Hoi An est aussi réputée pour ses tailleurs, et on peut, en à peine 24 heures se faire des robes ou des costumes sur mesure, se faire couper son vêtement préféré en montrant une photo de sa pièce rêvée. Mais c’est la nuit qu’Hoi An est la plus jolie, quand elle se couvre de lumières comme une guirlande.

Ho Chi Minh, l’ancienne Saigon

Rebaptisée du nom du président Ho Chi Minh en 1976, la capitale économique se fait toujours appelée Saigon par la majorité de ses habitants. Encore plus bruyante que sa petite sœur Hanoi, les klaxons résonnent ici toute la nuit. Les petits trottoirs bondés ont laissé place à de larges et longues avenues ombragées où il est agréable de se promener. La présence coloniale est encore très marquée par la présence de maisons et de jardins coloniaux, sans oublier le quartier français, la Cathédrale Notre-Dame de Saigon, la Poste Centrale, le Théâtre Municipal et le Palais de la Réunification.

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Les embouteillages si colorés du delta du Mékong

Après trois jours à Saïgon, direction la dernière étape du voyage, le delta du Mékong et son réseau de milliers de canaux étroit. Le Mékong prend sa source aux Tibet et finit sa course du Vietnam. Notre périple se poursuit à travers les îles du Dragon, de la Licorne, de la Tortue et du Phénix, au rythme de la langueur vietnamienne. Car ici, c’est toute une vie qui se joue, avec pour fil conducteur le bateau, seul moyen de transport qui glisse sur les eaux couleur jaune. Sur ces embarcations sommaires, on trouve des fruits, des légumes, des poissons, mais aussi des flot de touristes. Elles sont pilotées par des femmes qui disparaissait sous de grands chapeaux pour se protéger du soleil. Parfois, cela donne lieu à des colorés embouteillages. L’occasion alors de prendre le temps d’observer comment vivent les habitants du Mékong et de se faire la promesse d’y revenir un jour.