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L’Allée des Baobabs et au-delà : icônes et secrets de la forêt malgache

Par / Publié le 03.04.2026

Allée des Baobabs

Il y a des images qui s’impriment dans la mémoire bien avant d’avoir posé le pied sur le sol malgache. L’Allée des Baobabs, ce chemin de terre rouge bordé de géants centenaires qui semblent avoir été plantés là par quelque génie du paysage, en fait partie. Pourtant, Madagascar ne se résume pas à cette carte postale sublime. Derrière l’icône se cachent des forêts entières de baobabs sauvages, des panoramas que la majorité des voyageurs ne verront jamais. Voici un guide pour explorer ces arbres extraordinaires dans toute leur diversité.

L’Allée des Baobabs de Morondava : le rendez-vous au coucher du soleil

Située à une vingtaine de kilomètres au nord de Morondava, sur la côte ouest de Madagascar, l’Allée des Baobabs est l’un des sites naturels les plus photographiés du pays. Ces imposants Adansonia grandidieri — la plus grande espèce de baobab de l’île — peuvent atteindre 25 à 30 mètres de hauteur, avec des troncs atteignant parfois 8 mètres de circonférence. Certains d’entre eux ont plus de 800 ans.

Le meilleur moment pour s’y rendre reste le coucher de soleil. La lumière dorée effleure les troncs gris-argenté, les zèbre d’ombres et de reflets chauds, et le chemin de terre prend une couleur presque surnaturelle. Les photographes s’installent dès 16h30 pour ne rien manquer du spectacle. Il est conseillé de venir en semaine pour éviter les foules du week-end, et de s’approcher des arbres tôt le matin pour profiter d’un silence que les groupes du soir rendent impossible.

Le village de Marofandilia, situé à proximité, propose des guides locaux qui racontent les légendes liées aux baobabs. Selon la tradition sakalava, les baobabs sont des arbres sacrés, résidences des ancêtres. Les abattre porte malheur. Cette croyance a d’ailleurs contribué à leur préservation dans une région pourtant largement déboisée.

Les baobabs rouges d’Ankarana : le secret du nord

Moins célèbre mais tout aussi spectaculaire, la région d’Ankarana, dans le nord de Madagascar, abrite une population de baobabs d’espèce différente : l’Adansonia madagascariensis. Plus trapu, à l’écorce tirant sur le roux, il pousse en bordure des massifs calcaires des tsingy dans un paysage radicalement différent de celui de Morondava.

Le parc national d’Ankarana, principalement connu pour ses tsingy et ses grottes, réserve ainsi une surprise botanique à ceux qui prennent la peine de s’y aventurer hors des sentiers balisés. Un guide local du village d’Ambilobe peut organiser des demi-journées spécifiquement dédiées à l’observation de ces baobabs dans leur contexte naturel, parmi les euphorbes et les arbres à encens qui caractérisent la végétation sèche du nord.

L’absence de foule est garantie. Vous ne croiserez peut-être qu’une famille de lémuriens couronné ou quelques couas géants posés sur les branches basses. C’est cette intimité avec la nature qui fait le prix d’un tel détour.

Le baobab amoureux : deux arbres, une légende

À deux kilomètres seulement de la célèbre allée, deux baobabs dont les troncs s’entrelacent constituent un autre site remarquable : les Baobabs Amoureux. La légende locale veut que deux jeunes amants, dont l’union était interdite par leurs familles, se soient réfugiés sous cet arbre et aient fusionné avec lui pour rester ensemble pour l’éternité.

La réalité botanique est tout aussi intéressante : il ne s’agit pas de deux arbres qui ont poussé ensemble, mais probablement d’un phénomène de grafting naturel, où deux troncs issus du même système racinaire ont fini par se souder. Ce type de configuration est extrêmement rare et offre une silhouette tout à fait unique.

Le site reçoit nettement moins de visiteurs que l’allée principale et mérite une halte d’une bonne heure, notamment tôt le matin lorsque les oiseaux viennent s’alimenter dans les branches.

Conseils pratiques pour visiter les baobabs

La meilleure période pour visiter la région de Morondava se situe entre mai et novembre, pendant la saison sèche. Les pistes d’accès à l’allée et aux sites environnants sont impraticables en saison des pluies (décembre à mars). Un 4×4 est recommandé, notamment si vous souhaitez explorer au-delà de l’allée principale.

Pour rejoindre Morondava, vous pouvez prendre un vol intérieur depuis Antananarivo (environ une heure) ou emprunter la route nationale, une expérience en elle-même qui vous plonge dans les paysages de l’ouest malgache. Des hébergements de bon standing existent à Morondava, et plusieurs lodges proposent des excursions combinées baobabs/tsingy de Bemaraha.

N’oubliez pas d’apporter de l’argent liquide en ariary. Les guides locaux, essentiels pour enrichir votre visite, sont rémunérés en cash. Leur connaissance des arbres, des légendes et de la faune associée vaut largement les quelques milliers d’ariary demandés.