France

La lagune de Thau entre terre et mer

Par La rédaction / Publié le 29.09.2022

Et si votre prochaine escapade vous menait autour de l’archipel de Thau situé dans le département de l’Hérault en Occitanie ? Entre lagune et mer, vignobles et conchyliculture, rando et thermalisme, ce territoire se dévoile ici authentique. Voici quelques morceaux choisis.

Lagune de Thau, Photo d’Elise Chevillard

Une fois la ville d’Agde derrière nous, le train à destination de Sète s’engage sur un mince cordon dunaire qui file entre la Méditerranée et la lagune de Thau. L’espace d’un instant, le wagon semble flotter au milieu de l’eau avant de nous déposer à Sète, petite ville portuaire qui vit au rythme des joutes, de l’eau et de la pêche.

De Sète à Marseillan, en passant par Balaruc-les-Bains, l’Archipel de Thau dessine une immense lagune. Bordée par le massif de la Gardiole, entourée de vignes et de garrigues, elle prend des allures de petite mer intérieure. Vaste plan d’eau salée de 7500 hectares, elle est la plus large étendue d’eau du Languedoc, réservoir de biodiversité, où l’on cultive moules et huîtres. On la parcourt à vélo, grâce à une piste cyclable (la voie verte) qui relie Sète à Marseillan sur 54 km d’itinérance douce, tantôt urbaine, tantôt maritime. La voie se faufile à la frontière des maisons et des champs, longe parfois la route, s’enfonce dans les villages, s’échappe dans la campagne et reprend son cours le long des mas ostréicoles.

Entre Bouzigue et Balaruc, la voie verte file entre vignes et flamants roses. Premier stop : Mèze. Jadis plus ancienne cité du bassin de Thau, la ville est aussi le plus grand port de l’étang et possède de nombreuses exploitations conchicoles.

À Mèze, l’huître s’élève au féminin

Le mas de Cati, Photo d’Elise Chevillard

Savez-vous à quoi servent les étranges installations posées sur la lagune ? Il s’agit de tables où sont élevées les huîtres. Elles ont été aménagées pour simuler les marées de l’océan. Sur la lagune, elles sont 450 exploitations, très souvent familiales, à se partager les eaux, et parmi elles, celle de Cati. Ce petit bout de femme a repris un mas, dans le port conchicole de Mèze, qu’elle a restauré de ses mains et patiné pour lui donner l’apparence de l’ancien. Pour trouver sa place sur l’eau et obtenir le statut d’exploitante, elle a dû se battre contre les aléas climatiques, les daurades et les tempêtes. Elle y fait des huîtres exondées sur ses 3 tables qu’elle vend ensuite, en direct. On les dégustera face à la lagune et au mont Saint-Clair. Cati propose aussi des visites iodées de son parc à huîtres, mais aussi bientôt des ateliers pour apprendre à coller ses propres huîtres. Pour rejoindre le mas de Cati, il y a bien sûr l’option vélo, mais c’est aussi possible en bateau depuis Sète et seulement les jours de marché. Direction ensuite Gigean, à une vingtaine de kilomètres.

Rando dans les collines gorgées de soleil

Photo d’Elise Chevillard

Sur votre route, ne manquez pas la jolie ville de Loupian et ses maisons vigneronnes typiques, ses façades Renaissance. Plus loin, Poussan  située sur le tracé de la Via Domitia

On se perd dans son lacis de ruelles datant du Moyen Âge avant de poursuivre son chemin. Dans les collines de la Moure ou sur les sentiers de Poussan, des petites cabanes circulaires en pierre sèche répondant au nom de capitelles sont les témoins du passé agricole et pastoral. Lovée entre la lagune de Thau et le massif de la Gardiole, la ville de Gigean est célèbre pour son abbaye gothique du XIe siècle? Saint-Félix de Montceau.

Photo Elise Chevillard

Depuis 1092, l’abbaye pose sur la ville un regard protecteur, entourée d’un océan de verdure. Elle apparaît au détour d’un chemin, seule, dans le silence habité de la garrigue. Ici aussi, la randonnée est reine. On troque alors son vélo pour ses chaussures de rando, car l’abbaye est le point de départ de plusieurs sentiers dans la Gardiole (circuit autour de l’Abbaye (6,5km) à travers les vignes, Saint-Félix-en-Gardiole (14,5km)…)

Pause thermale à Balaruc-les-Bains 

Photo de E Morel SPLETH

Photo de E Morel SPLETH

Pergolas, tonnelles, fontaines, petit amphithéâtre, allées fleuries… Ne manquez pas le Jardin Antique Méditerranée, situé à Balaruc-les Bains. Il est propice à la flânerie pour les marcheurs en quête d’ombre. Le thermalisme rythme l’histoire de la cité depuis l’Antiquité, car le village possède aussi les eaux chaudes les plus minéralisées du Languedoc. Riche en bicarbonates et en oligo-éléments, cette eau, qui provient de sources profondes, possède de nombreuses vertus curatives qui déjà au XIXe siècle avaient attiré Louis Bonaparte qui s’y rendait pour ses cures. Aujourd’hui, c’est votre tour. Vous avez rendez-vous au spa thermal O’balia. Ce dernier propose une multitude de soins mettant à profit les bienfaits de l’eau thermale dans deux espaces : l’espace bassin avec vue sur la lagune et l’espace spa avec des soins ciblés grand public : massages personnalisés, soins du visage, enveloppements, le tout dans un décor de verdure et de bois.

Le Noilly-Prat : un alcool façonné par la lagune

Photo d’Elise Chevillard

Connaissez-vous le Noilly-Prat ? On raconte qu’il serait la base du cocktail préféré de James Bond. Ce dry vermouth, imaginé en 1813 par Joseph Noilly à Marseillan, est une préparation à base de vin blanc, d’herbes, d’épices et d’alcool neutre, aromatisé aux extraits de plantes. Il est encore fabriqué sur le charmant petit port de Marseillan, dans la Maison Noilly-Prat.

Après quelques notions de base sur ce breuvage, partagées par notre guide, il est temps de passer les hautes et lourdes portes de la Maison. Dans le Chai, on s’enivre vite des vapeurs d’alcool qui imprègnent encore ses murs. Pour autant pas question d’y laisser la raison, car la visite se poursuit autour d’aspects plus techniques. Si toutes les étapes sont ici expliquées, les secrets de fabrication, eux, sont bien gardés même si on s’en approche grandement dans les conteneurs qui retracent l’histoire de ce breuvage.

Photo Elise Chevillard

À l’extérieur dans l’Enclos, les futs s’alignent pour vieillir à ciel ouvert et au rythme des saisons, façonnés par les embruns. L’air marin laissera ainsi une trace iodée au vin. Pour finir la visite, place à la dégustation qui permet de découvrir les 4 vermouths : ambré, rouge, classique et extra dry. On repart avec la recette de l’été : un verre de Noilly-Prat ambré, un zeste de pamplemousse, rallongé d’un spritz et d’un trait de prosecco. C’est divin !

Quiétude et verdure à l’Abbaye de Valmagne

Abbaye de Valmagne, Photo Elise Chevillard

En visite libre, avec un guide, ou au cours d’un jeu de piste, il y a plusieurs façons de visiter l’Abbaye de Valmagne. Autrefois habité par les moines commerçants qui cultivèrent dès le XIIe siècle, la vigne, ce joyau cistercien du XIIe siècle se niche au cœur de vignobles entre Montargnac et Villeveyrac. Il appartient à la même famille depuis 1838 et c’est d’ailleurs l’une de ses descendantes qui nous fait la visite. Le cloître du XIVe siècle au charme florentin, est aujourd’hui recouvert des photos d’un autre moine, mais celui-ci bouddhiste : Mathieu Ricard.

Entre les murs épais, il est facile d’imaginer les moines arpenter les allées en silence, puis s’arrêter près de la fontaine pour prier, l’une des rares à avoir été conservée dans une abbaye.

La visite se poursuit dans l’église qui doit son surnom de « Cathédrale des Vignes » aux foudres de Russie que l’on installa ici. Aujourd’hui transformée en chai, elle conserve encore les effluves de vin. En hommage à l’époque monastique, un jardin médiéval de plantes aromatiques et médicinales, mais aussi des légumes anciens ont trouvé leur place à l’Abbaye. Les récoltes viendront garnir la table de la ferme-auberge, située juste à côté (cf carnet d’adresses).

Immersion au milieu de la faune et de la flore des salins de Frontignan

Lagune de Thau, Photo d’Elise Chevillard

Si on connaît de Frontignan son muscat, ses plages et ses paillotes, vous serez surpris de découvrir ses anciens marais salants que l’on peut parcourir à vélo sur un circuit balisé. Le chemin file sur l’étroite bande de terre entre les salins et les paysages de lagune, avant de s’enfoncer dans les bois des Asresquiers pour une boucle d’une quinzaine de kilomètres. Ces 230 hectares des anciens salins sont des espaces naturels protégés et classés Natura 2000 aujourd’hui un lieu de prédilection pour une centaine d’espèces d’oiseaux : flamants roses, échasses blanches, canards, sternes et autres limicoles.

Notre carnet d’adresses

Le mas de Cati, espace restauration pour déguster des huitres, Photo Elise Chevillard

Où manger ?
Le midi, sur la terrasse couverte Le Jardin du Naris à Marseillan, on mange des plats d’ici dans une ambiance kidsfriendly. Pas le temps de se poser pour manger ? Hop on glisse l’un des plats préparés par Homard et Dindon  (à Sète), dans son sac. C’est frais, c’est bon et c’est local ! La Ferme Auberge de l’Abbaye de Valmagne (Villeveyrac) travaille les légumes du domaine ou bien issus de producteurs locaux. Au menu : terrine de cochon maison, escalope de veau et gelée de thym, pièce de bœuf et confit d’oignon, abricot rôti et mousse au citron. La cave est locale et en biodynamie.

Où dormir ?

Lagune de Thau, Photo d’Elise Chevillard

Envie de vacances responsables ? Situé à Marseillan Plage, le camping Beauregard est engagé dans une démarche environnementale. Son concept ? Ralentir la vie des gens. Il propose des emplacements pour tentes et camping-car ainsi que deux caravanes à louer. Dans le centre-ville de Marseillan, la Demeure Terrisse cache derrière sa façade discrète, plusieurs appartements aménagés avec goût, ainsi qu’un jacuzzi accessible à toute heure.