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Amsterdam, au fil des canaux d’or

Par Elise Chevillard / Publié le 23.10.2018

Indétachables de l’image d’Amsterdam, les quatre canaux principaux symétriques qui découpent la ville en demi-cercle et l’enlacent, sont les témoins silencieux de son passé. Au fil de l’eau, Amsterdam dévoile ici un visage intime et séduit par sa douceur de vivre. 

©Elise Chevillard

À Amsterdam, chaque point de vue sur les canaux compose un tableau. Pressées les unes contre les autres, les maisons s’alignent au bord de l’eau toutes élégantes et habillées de briques rouges. Au pied des façades, des roses trémières s’étirent vers le ciel. Leurs pétales se plissent légèrement sous la lumière. Les intérieurs des maisons se dévoilent sans pudeur par les fenêtres, dépourvues de rideaux. Le passant joue les voyeurs et capture des instants de vie. Amsterdam, est une ville ouverte sur l’intime. Les vélos, se reposent, déposés contre les murs. Il règne ici une certaine ordonnance, une beauté vivante et parfaite jusque dans les moindres détails. Sur les eaux claires des canaux, passent des bateaux chargés de touristes, qui se frayent un passage entre les péniches amarrées. Les arbres qui bordent les rives se tordent parfois un peu le cou pour mieux voir leur reflet dans l’eau. Le tracé des canaux en demi-lune suit les rayons du soleil, les laissant ainsi éclairés à chaque moment de la journée. La lumière glisse sur l’eau, dessine des ombres et crée des reflets. L’eau, qui impose son rythme calme et son temps distordu.

©Elise Chevillard

Un patrimoine hérité du siècle d’or

Amsterdam surgit d’un petit village de pécheurs en 1275. Très vite, elle devient une cité de marchands. Les premiers canaux serviront à acheminer diverses marchandises sur les bateaux à voiles comme le fromage, le beurre et autres denrées. Le Singel, est le canal le plus proche du centre-ville, il fit office de douve jusqu’en 1585 et joua un rôle défensif au Moyen Âge. Devenue trop étroite pour accueillir de nouveaux logements, la Ville s’agrandit au XVIIème siècle. Amsterdam est alors le plus grand port du monde et une place financière importante, qui vit son âge d’or. Trois nouveaux canaux sont tracés et creusés en moins de 100 ans : le Herengracht, le Prinsengracht et le Keizersgracht. Ils forment « la courbure d’or » et depuis 2010, sont classés au Patrimoine mondiale de l’Unesco. Ces quatre canaux encerclent la vieille ville, la divisent en de plus petites îles, et délimitent naturellement les quartiers. Ils communiquent entre eux, parfois reliés par des canaux secondaires, formant ainsi un véritable dédale, qu’il faut contourner ou enjamber grâce à ses 1282 ponts, ce qui lui a valu le surnom de Venise du Nord.

©Elise Chevillard

Aux bords des canaux

Demeures majestueuses, cafés bruns, bars, musées, petits commerces s’alternent le long des canaux. Baroque, néoclassique et Art nouveau, l’architecture de la ville y est ici toute condensée. Les maisons étroites, hautes et penchées, ne sont, pour certaines, pas plus larges qu’une porte. Parfois, elles s’élargissent à l’arrière.

Le Prinsengrach, ou canal du Prince, est le plus long. Bordé d’entrepôts, d’ateliers et de logements, il se situe à la lisière du quartier Jordan. C’est aussi sur ses rives que se trouvent la maison d’Anne Franck et derrière, l’annexe, où la jeune fille et sa famille se cachèrent durant deux ans avant d’être dénoncés. Le Keizergracht, ainsi nommé afin de rendre hommage à l’Empereur Maximilien 1er, est le canal le plus large avec ses 31 mètres. Sur les rives du Herengracht, ou canal des Seigneurs, on longe un jardin botanique, l’un des plus anciens au monde, mais aussi le Wetheimpark, vestige d’un jardin d’agrément offert par Napoléon. Le FOAM, musée de la photographie, cache derrière son ancienne façade et son apparence bourgeoise, un intérieur résolument moderne et une collection de photos d’artistes renommés, qui accorde une place importante aux thématiques actuelles ainsi que pour les artistes en devenir. Situé le long de Singel, le marché aux fleurs se dédie principalement à la tulipe. Car s’il y a bien une fleur qui symbolise Amsterdam c’est bien elle. Les Pays-Bas en sont d’ailleurs les plus grands exportateurs au monde. Outre la traditionnelle bulbeuse jaune, on en trouve dans plusieurs coloris, rouges, rosés ou orangés, et suivant les saisons, en fleurs, en bulbes et même en bois pour la décoration.

Sur l’eau, l’habitat fluvial s’est développé. À la fin de la seconde guerre mondiale Amsterdam manquait de logement, et les péniches vont être reconverties en maisons sur l’eau. Aujourd’hui, c’est devenu un mode de vie à la fois tendance et relativement bon marché. Actuellement, 2500 péniches et bateaux mouillent le long des rives, certaines habitées, d’autres rongées par l‘humidité. On y vit doucement au rythme du mouvement de l’onde. L’eau, vivante. Mais aussi tisseuse de liens entre les quartiers, entre le passé et le présent. L’eau, le sang d’Amsterdam.

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