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Que faire à Avignon ? Sept coups de cœur de la Rédaction

Par Elise Chevillard / Publié le 22.06.2018

Si Avignon a acquis une renommée avec son Pont, ses Papes et son Festival, cette ville ne se résume pas qu’à cela. Elle a ce « je ne sais quoi » des petites villes du Sud, peut-être sont-ce ses placettes à l’ombre des platanes, ou bien ses pierres qui ont l’odeur de la lumière ? Pour y répondre, AlloVoyages vous propose de parcourir ses rues médiévales, et de découvrir sa gastronomie, ses musées et ses savoir-faire, sans oublier ses monuments emblématiques inscrits au patrimoine de l’Unesco.  À seulement 3 heures de Paris en train,  Avignon vous tend les bras et toute son histoire avec.

Panorama FOlliver ODT Avignon

Se perdre dans ses rues médiévales

Découvrir une ville, c’est aussi commencer par se perdre dans ses rues sans aucun plan, sans savoir vraiment où l’on va, sentir les différentes ambiances, oser prendre des ruelles étroites et se laisser surprendre. Découvrir une ville, c’est, le temps d’une matinée, se prendre pour un Avignonnais, battre les pavés d’un pas décidé, se fondre toujours plus dans la foule d’habitué pour s’imprégner de la ville, repasser trois fois dans la même rue et avoir déjà l’impression de la connaître.

Carriera de la petite Fusterie, carriera Carreterie, carriera Banasterie… À Avignon, les rues ont encore l’appellation de carriera, et beaucoup d’entres elles portent encore le nom d’anciens métiers auxquels elles étaient affectées comme il était d’usage au Moyen Age. Parmi elles : La Banasterie qui tire son nom de l’ancienne activité de ce quartier, celle des vanniers ou fabricants de paniers en osier. La rue Carreterie était celle des charretiers et celle de la petite Fusterie fait référence aux fustiers, les travailleurs du bois. La rue pavée des Teinturiers tout en courbe et bordée de platanes, suit le tracé de la Sorgue. Elle tire son nom de la florissante industrie textile du XIXe siècle, en attestent les quatre roues à aube qui subsistent encore. Édifices moyenâgeux, hôtels particuliers des XVIII et XIXe siècles…La pierre de calcaire que l’on trouve sur la plupart des façades, absorbe la lumière et donne un ton chantant à la ville. De par l’histoire chrétienne de la ville, les églises, chapelles et couvents sont nombreux. Autour de chacun, se déploient des placettes et des terrasses ombragées qui rivalisent avec la dolce vita italienne, comme la place des Carmes; la place des Corps-Saints;  la place de  l’horloge qui représente depuis l’antiquité le cœur animé de la cité des Papes, ou encore la jolie place Crillon sur laquelle se trouve l’ancienne Comédie, la première salle de théâtre de  la ville. Sur la place Saint-Didier, entièrement refaite, on vit au rythme mélodieux du carillon de la collégiale du même nom, à l’ombre des platanes.

©EliseChevillard

Le tour des Fabricateurs

Derrière les Fabricateurs, se cache un collectif né en 2015 et qui rassemble des ateliers, des boutiques de créateurs et des galeries, tous avec l’objectif de promouvoir la création artisanal et locale à Avignon. On les trouve un peu partout dans la ville, concentrés dans le cœur historique. Au total, c’est une vingtaine d’ateliers boutiques qui ne passent pas inaperçus avec leurs autocollants représentants une girafe juchée sur un vélo. C’est la mascotte, réalisée au pochoir et à la craie par le graphiste Pablito Zago. En plus de vendre ses créations, chaque artisan vous propose de découvrir son savoir-faire dans son atelier. Design, arts textiles, décoration, mode, bijoux, papeterie, mobilier et art contemporain, il y en a pour tous les goûts ! Dans son atelier, Isabelle Erizé, confectionne foulards, plaids, cousins et pochettes qu’elle vend ensuite. Pour Hélène Langlet, l’art de la dorure n’a plus de secret, elle restaure ici à l’atelier LnOr, des bois dorés. Rue des 3 faucons, derrière la devanture de « A nos amours », Thierry Stenzel imagine et compose des bouquets. « Chez Sisi, on est bien assis, » car Elisabeth Lambert redonne une nouvelle vie aux fauteuils, dans le calme de son atelier de tapisserie.

Les Halles d’Avignon ODT Avignon

Petite cuisine provençale

Les Halles, sont pour Avignon son cœur gourmand.  Derrière la façade végétale composée d’une vingtaine d’espèces, et confiée au botaniste Patrick Blanc, se tient chaque matin, un marché couvert construit en 1891. Une quarantaine de commerçants vous proposent ici des produits du terroirs, du primeur au boulanger en passant par le fromager, le marchand d’olives et le fleuriste. On vient faire ses courses, mais aussi humer les odeurs de la Provence ou bien manger sur le pouce. Dans notre panier : des huîtres, de la charcuterie, des olives, une fougasse, des fruits et des légumes qui poussent en abondance sous le soleil provençal, des herbes de Provence, sans oublier le vin, car Avignon est la Capitale des Côtes-du-Rhône. Et pour ce qui est des spécialités avignonnaises, on trouve les papalines, une confiserie de chocolat fin, sucre et liqueur d’origan. Chaque samedi, à 11 heure, se déroule des cours de cuisine aux Halles. Les chefs de la région se retrouvent afin de préparer un plat sous vos yeux. Chacun dévoile une recette, une astuce, sans oublier à la fin la dégustation.

Côté restaurants, les bonnes tables ne manquent pas à Avignon. Rue Prévôt, « L’ami voyage » vous ouvre ses portes dans une ancienne imprimerie. A l’étage on trouve une librairie d’occasion, mais au rez-de-chaussée tous les midis, c’est Michelle qui mitonne de bons petits plats. Ici, c’est une cuisine sans chichi, l’ambiance y est familiale, les plats sont copieux et changent chaque jour. Boulettes de veaux sur son lit d’épinards, lapin à la tapenade, lasagne de la mer, moelleux au chocolat à la pointe de sel… C’est la promesse d’un beau voyage culinaire.

©EliseChevillard / La cour du musée Calvet.

Jean-Michel Basquiat ou Joseph Vernet?

Si vous êtes férus de musées, Avignon n’en manque pas. Et depuis le 20 avril 2018, tous les musées municipaux sont gratuits. Lieu d’expositions, de création, d’échanges et de diffusion, la Collection Lambert a été créée en 2000 par Yvon Lambert qui souhaitait présenter au public sa collection personnelle d’art contemporain dans l’hôtel de Caumont. Art Minimal, art Conceptuel, Land art, peinture des années 80, vidéo et photographie …Le musée rassemble dans ses 2000 m² de grands artistes tels que Cy Twombly, Sol LeWitt, Donald Judd, Jean-Michel Basquiat, Christian Boltanski, ou encore Douglas Gordon et Jenny Holzer. Leurs œuvres sont exposées tout au long de l’année, en alternance ou inclus dans des expositions temporaires d’artistes de la scène actuelles.

Rue Joseph Vernet, un peintre et enfant du pays, le très bel hôtel de Villeneuve abrite le Musée Calvet. Ce dernier dévoile aux visiteurs une somptueuse collection d’œuvres de la Préhistoire jusqu’à nos jours sans oublier une collection surprenante égyptienne. On vient admirer de la peinture française (Bonnard, Soutine mais aussi Manet, Sisley et Vernet,)  de la Renaissance jusqu’au XXe siècle, mais aussi des peintres nordiques, italiens et espagnols ainsi que des sculptures de Camille Claudel, Giambologna, Francesco Laurana, et des bronzes du XVI et XVIIe siècles… C’est aussi pour le visiteur, l’occasion de découvrir une maison bourgeoise au sein d’un très bel hôtel particulier du XVIIIe siècle.

Palais de Papes ODT Avignon

A quoi ressemblait le Palais des Papes, il y a 800 ans ?

C’est le joyau de la ville, une imposante forteresse et un palais somptueux, qui fit d’Avignon le siège de la chrétienté. Le Palais des Papes fut édifié en moins de 20 ans sous le règne des papes bâtisseurs, Benoit XII et Clément VI. Au XIIIe siècle, la cour pontificale itinérante séjourne dans les villes de ses États. A l’élection d’un Pape français, elle s’installe progressivement à Avignon. Ils seront neufs Papes à se succéder au XIVe siècle. Aujourd’hui classé au Patrimoine Mondiale de l’Unesco, on le visite avec  « l’HistoPad », une tablette interactive, qui révèle les fastes de ce Palais gothique grâce à la réalité augmentée dans une vision à 360 degrés. Sept salles emblématiques indiquées par des portes du temps ont été reconstituées jusqu’au mobilier et aux fresques. Grandes salles d’apparat, chapelles aux décors peints, appartements privés, terrasses…Les visiteurs deviennent alors acteur de leur visite et remontent le temps, touchant ainsi l’invisible. Impossible de se perdre parmi les 25 salles, car un système de géolocalisation permet de se repérer dans l’immensité du Palais.

En sortant, allez faire un tour au jardin des Doms, situé sur les hauteurs du Rocher des Doms. Les terrasses qui surplombent la ville, offrent un panorama sur les Alpies et le mont Ventoux d’un coté et  de l’autre sur le Rhône. Avec ses six mètres de haut, la Basilique Notre-Dame des Doms édifiée à partir du VIIe siècle est surmontée d’une vierge qui veille sur ville.

Histopad 16 10 Folliver (22) ODT Avignon

Danser (ou pas) sur le Pont d’Avignon

Il s’élance au dessus du fleuve, coupé net dans son élan, suspendu au milieu du Rhône. Où conduit-il ? A quoi servait-il ? Pourquoi n’est-il plus entier ? Autant de questions que se pose le visiteur lorsqu’il découvre pour la première fois le Pont d’Avignon et auxquelles il trouvera des réponses lors de la visite. Image d’Épinal d’Avignon, ce célèbre pont, tout le monde en a entendu parler, ne serait-ce que par la comptine populaire, mais peu connaisse la légende qui entoure sa construction et aussi son vrai nom. On raconte qu’au XIIe siècle, un jeune berger du Vivarais, du nom de Bénézet reçut un ordre de Dieu lui disant : “Bénézet descend à Avignon et construit un pont”. Chose qu’il fit. En huit ans, il fait face à plusieurs défis mais le Pont est finalement construit et devient le Pont Saint-Bénézet. Avec ses 22 arches, il enjambe le Rhône. Bénézet est-il une figure légendaire ou un personnage historique ? La visite donne des pistes pour démêler le conte de la réalité. Aujourd’hui, seulement quatre de ses arches subsistent. Le Pont fut plusieurs détruit et endommagé à cause des crues du Rhône et restera inachevé. Personne d’ailleurs n’y a jamais dansé. Lors de la visite, on découvre le Pont reconstitué en 3D et entier grâce aux recherches des historiens, archéologues et architectes.

©EliseChevillard

Traverser le Rhône en bateau

Et si on contemplait Avignon depuis l’autre rive ? A peine le temps d’embarquer sur la navette gratuite au départ du Pont, et vous voilà en seulement cinq minutes sur l’île de la Barthelasse. Au fil du temps, le fleuve a fait et défait des îlots, et peu à peu a émergé cette île fluviale, aujourd’hui la plus grande d’Europe avec ses 700 hectares. Le long du chemin de Halage, on embrasse la ville dans son ensemble, on admire sous un autre angle le Palais des Papes, le Pont et le Rocher des Doms. De l’autre coté, derrière nous, s’étalent des champs à perte de vue. L’île de la Barthelasse a longtemps été cultivée et aménagée par la main de l’homme, et aujourd’hui elle reste en grande partie agricole. Moins de 1000 habitants y vivent en harmonie avec  les oiseaux nicheurs, hérissons, musaraignes, blaireaux, castors, mais aussi éperviers, hérons cendrés et cormorans. De nombreux arbres fruitiers sont aussi cultivés, d’où la présence de la distillerie d’eau-de-vie de poire Manguin qui se visite. Pour revenir en face, il vous faudra faire le tour à pied, ou bien emprunter de nouveau la navette. Départ toutes les 15 minutes environ et suivant les saisons.

Pour toutes vos questions et pour préparer au mieux votre séjour, l’Office du Tourisme vous accueille 41, cours Jean Jaurès, par téléphone au 0432743274  ou sur  www.avignon-tourisme.com. Possibilité de visiter la ville en petit train lors d’un trajet d’une quarantaine de minutes qui vous fera découvrir les plus beaux sites de la ville. Vous cherchez un hôtel ? L ’hôtel de l’Horloge situé à 5 minutes du Palais des Papes vous accueille dans une ancienne bâtisse provençale en pierre de taille du XIXème siècle.  Chaque matin, le petit déjeuner composé de produits locaux est servi sous la lumineuse véranda.